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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Robert Wise
Né pour tuer (Born to kill - Robert Wise, 1947)

Helen Brent (Claire « Dallas » Trevor) vient de divorcer. Elle s’en va vivre chez sa sœur adoptive Georgia (Audrey Long), qui est très riche. Dans le train, elle fait la connaissance de Sam Wilde (Lawrence Tierney) qui quitte lui aussi Reno. Il faut dire que pour ce dernier, l’air y est devenu irrespirable : il a tué son ex-fiancée et le nouveau petit ami d’icelle.

Et il se trouve que la jeune femme sauvagement assassinée était la colocataire d’Helen et que cette dernière est partie un peu précipitamment en découvrant les deux cadavres (mais sans connaître le meurtrier).

Arrivé à San Francisco, elle reçoit la visite de Wilde chez sa sœur : cette dernière est tout à son goût. Mais malgré tout, c’est Helen qui l’intéresse. Et cette attirance est partagée.

 

C’est une histoire bien sombre que nous propose là Robert Wise (dont c’est le sixième long métrage) : une histoire d’amour qui ne dit pas son nom entre deux personnages fiers et farouches. Mais c’est surtout la rencontre entre deux êtres maléfiques : un meurtrier et une femme calculatrice.

Et leur rencontre est des plus significatives voire prémonitoires. Et cette rencontre déterminante se passe sans aucun é&change verbal, une série de regard suffit : du cinéma ! Elle se fait autour d’une table de craps, où Sam Wilde est le lanceur et Helen une des parieuses. La prémonition vient des paris : tout va bien tant qu’elle parie sur le succès de Sam. Mais dès qu’elle parie contre, elle perd.

Et c’est ce qu’il va se passer dans le reste du film, amenant la tragédie inévitable.

 

Il faut dire que les deux personnages principaux ne sont pas recommandables. Helen est une divorcée. Et qu’on le veuille ou non, eaux Etats-Unis ou ailleurs, un divorce n’est pas très bien vue de l’opinion publique, surtout en 1947. Quant à Sam, ses regards sont éloquents, surtout quand apparaît son ex-fiancée, Laury Palmer (Isabel Jewell).

Et si un doute subsiste malgré tout une fois la rencontre passée, le double meurtre – sauvage – fige définitivement les choses : Sam Wilde est un homme très dangereux.

C’est d’ailleurs cet aspect dangereux qui attire Helen vers cet homme. Et Wise rend bien compte de cette attirance faite d’appréhension et de fascination.

Et bien sûr, c’est l’interprétation de Claire Trevor et Lawrence Tierney qui donne toute sa dimension au film. Labelle Claire est formidable dans ce rôle de femme libre – divorcée et à la morale élastique – prête à tout par amour pour cet homme ténébreux et intrigant.

De son côté, Lawrence Tierney est un névropathe formidable : c’est lui qui est né pour tué comme l’annonce le titre du film.

Mais encore une fois, il ne faut pas oublier les personnages secondaires qui donnent toute leur crédibilité aux personnages principaux. Si Georgia est un personnage mièvre et effacé – mais indispensable pour la résolution finale, il n’en va pas de même pour trois autres protagonistes : Marty Waterman (Elisha Cook Jr.), l’ami et complice de Sam ; Albert Arnett (Walter Slezak) le détective, et Mrs. Kraft (Esther Howard).

 

Ces trois personnages sont indispensables et chacun très différent des autres. Mrs Kraft est la logeuse d’Helen à Reno. C’est elle qui engage Arnett pour découvrir qui a tué Laury Palmer. C’est une femme plantureuse qui aime la bière et la rigolade. L’interprétation d’Esther Howard est bien entendu haute en couleur mais tout en restant dans les limites de l’intrigue. Arnett est un détective, certes, mais il n’a pas l’apparence attendue, surtout depuis les interprétations de Bogart (Sam Spade ou Philip Marlowe) : Albert Arnett est un homme en surpoids (comme on dit de nos jours) et pas toujours très moral lui non plus. Ca ne le gêne pas de fermer les yeux (et surtout sa bouche) pour protéger Sam, mais ce n’est pas gratuit. Mais ne vous y fiez pas : si Arnett n’a pas l’aura de ses prestigieux collègues, il n’en demeure pas moins très efficace. Et Walter Slezak interprète ce détective avec une bonhommie de façade, que contrebalancent les résultats funestes de son enquête.

Quant à Marty Waterman, il est un ami fidèle de Sam – le seul d’ailleurs – mais qui sera victime à plus d’un titre de la folie de son complice. Et l’interprétation d’Elisha Cook Jr., éternel second rôle américain, est à la hauteur de son personnage, rehaussée par ses yeux tristes qui font de lui une victime potentielle dès son apparition.

 

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