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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Peter Yates, #Steve McQueen

Steve McQueen est Bullit.

Frank Bullit est un lieutenant de la police de San Francisco.

Et comme Steve McQueen est Bullit, alors Bullit est cool. Même en pyjama.

A l’origine, une banale histoire de protection de témoin. Mais tout est banal. Rien d’extraordinaire. C’est la façon de le montrer qui l’est. Bullit n’est pas un excité. Mais il est tout de même énergique. Il connait son boulot. Pas besoin de lui expliquer. Il ne se laisse pas faire, sans pour autant s’énerver. Alors qu’il y aurait de quoi !

Mais quand on flingue son témoin, ça ne se passe plus. Il y a quelque chose qui cloche, et il veut savoir. Et il va savoir.

Bullit est un film policier différent. Du début à la fin, Peter Yates utilise un rythme faussement lent pour montrer l’enquête en cours.

Faussement lent parce que tout ne vient pas instantanément. Mais aussi parce que tout est plié en moins de deux jours, le temps d’un weekend.

Mais là où dans un film policier, l’intrigue est essentiellement resserrée sur l’enquêteur, ici, le contexte est important. Il fait partie du rythme.

Bullit a son témoin à l’hôpital, certes. Mais l’activité dans cet hôpital a son importance. L’histoire que nous suivons est ancrée dans une réalité banale, quotidienne, où les gens vivent, s’aiment, souffrent. Ils ne sont jamais mis de côté. Chaque rebondissement est accompagné des réactions des témoins ordinaires, ceux qui vivent en même temps, qui sont présents sur les lieux.

Bullit est un flic efficace, certes. Mais il n’est rien d’autre qu’un être humain parmi tant d’autres. Il n’a jamais le statut de super-détective qu’on peut trouver dans d’autres films policiers. En plus de son boulot, il a sa propre vie à mener avec sa compagne Cathy (Jacqueline Bisset), témoin malheureuse d’un crime, qui l’amène à se poser des questions sur cette vie impitoyable que mène son compagnon.

Et puis surtout, il y a Steve McQueen. C’est lui qui porte le film, et il le fait admirablement. Pur produit de l’Actors Studio, il n’a pas besoin de parler beaucoup. Un regard, une attitude, et tout est dit. Son regard bleu est un discours à lui tout seul. Comme le disait Gloria Swanson dans Sunset Boulevard : « nous n’avions pas besoin de dialogue, nous avions nos visages. »

Parce que tout est là : Mc Queen est un visage. Et tout passe par là.

J’oubliais, nous assistons aussi à ce qui est – à mon avis – la deuxième plus grande poursuite en voiture de l’histoire du cinéma (la première étant le film Duel de Spielberg). Tout d’abord parce que celui qui est poursuivi – Bullit – se retrouve rapidement poursuivant. Et malgré la vitesse des véhicules, Peter Yates n’accélère pas le rythme de la narration. Cette poursuite à tombeau ouvert se déroule doucement. Pas besoin de rythme endiablé comme on peut le voir dans un James Bond. Chaque détail compte. Rien n’est laissé au hasard (encore une fois).

Du grand art.

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