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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Matt Ross, #Road movie
Captain Fantastic (Matt Ross, 2016)

Le titre est trompeur : alors qu’on a droit très régulièrement à des superproductions narrant les aventures de super-héros, ici, ce Captain Fantastic n’a rien à voir avec ceux-là.

Captain Fantastic, c’est Ben Cash (Viggo Mortensen), père de six enfants (trois filles et trois garçons), qu’il élève en pleine nature avec sa femme Leslie (Trin Miller).

Malheureusement, Leslie bipolaire, met fin à ses jours, plongeant sa famille dans une immense tristesse.

Ben et ses enfants vont alors traverser une partie des Etats-Unis à bord de Steve, leur car aménagé – pour assister aux obsèques de leur mère et épouse.

 

C’est donc un road-movie. Mais un peu différent des autres, comme il se doit. Pas de violence, pas de substances illicites, rien de tout ça. Une chronique familiale, tout simplement.

Evidemment, cette famille n’est pas conventionnelle. Le film s’ouvre d’ailleurs sur un rite que passe le fils aîné Bodevan (George MacKay) : il tue à mains (presque) nues un chevreuil qui sera plus tard dépecé et préparé par la famille ; Bo est devenu un homme.

Et nous continuons alors à suivre le curieux mode de vie de ce microcosme familial. Curieux car il va à l’encontre de la société actuelle, utilisant au mieux les ressources naturelles et tirant partie de chaque expérience. Sans oublier une éducation livresque phénoménale (roman, essais politiques ou/et philosophiques…).

Mais, et c’est là que le bât blesse(rait) : à l’écart du monde, en plein milieu d’une vaste forêt dans le Washington (Nord-ouest des E-U).

 

La mort de Leslie va alors devenir un révélateur : chacun va expérimenter de nouvelles choses, vivre de nouvelles expériences et surtout se confronter à la société des hommes qui n’est pas vraiment dans la même lignée que son mode de vie. Certaines expériences sont amusantes, mais certaines deviennent éprouvantes voire conflictuelles.

Parce que c’était inévitable, le fossé entre cette famille et (presque) le reste de l’humanité est gigantesque, c’est une véritable faille.

Mais comme nous sommes dans un road-movie, on peut décemment attendre une sorte de transfiguration des différents protagonistes.

Et c’est la mort de leur mère/épouse qui va être le catalyseur de ce changement.

 

Bien entendu, on les trouve aux prises avec un environnement hostile : comment peut-on vivre ainsi au 21ème siècle ?

C’est le père de Leslie (Frank Langella) qui, brisé par la perte de son enfant unique, se montrera le plus hostile : si sa fille est morte, c’est de la faute de Ben.

La confrontation en devient un moment fort et terrible à la fois. Ce recours aux codes sociaux que rejetaient Ben et Leslie s’impose à la famille dans toute sa rigueur voire sa violence : Ben est expulsé de l’église et son beau-père veut récupérer la garde des enfants.

 

Rassurez-vous, tout se termine bien à la fin – qui en doutait ? – mais sans pour autant donner une quelconque leçon, d’un côté – naturel, celui de la famille – comme de l’autre – social, celui des grands-parents – même si on ne renvoie personne dos à dos. Parce que pour magnifique que paraît ce retour à la nature, il omet un élément indispensable : m’homme est un être social. Et cette famille coupée du monde la plupart du temps se retrouve totalement inadaptée au reste du monde. Et si Ben se passe aisément des parents de son épouse, les enfants eux, ont plaisir à retrouver leurs grands-parents.

Le scénario subtil et la direction de Matt Ross amènent un consensus inévitable mais sans toutefois obliger notre famille à renier ses idéaux.

 

Et si message il doit y avoir, c’est bien qu’une autre façon de vivre est possible, car elle est en plus indispensable à la survie de l’espèce humaine.

 

Mais cette fameuse espèce humaine mérite-t-elle vraiment de survivre ?

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