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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Philippe de Broca
Cartouche (Philippe de Broca, 1962)

Louis-Dominique  Bourguignon dit « Cartouche » (Jean-Paul Belmondo) est un voleur parisien, membre de la bande de Malichot (Marcel Dalio), un vieux truand autoritaire.

Après un passage dans les armées royales, Cartouche va prendre la place de Malichot et mettre Paris sous sa coupe.

Mais quand on a tout, on s’ennuie rapidement. Heureusement, il reste les femmes :

  • Vénus d’un côté : la jeunesse, la fougue et le charme de Claudia Cardinale ;
  • Madame de Ferrussac de l’autre : la maturité, la réserve et la prestance d’Odile Versois.

Ce sera sa perte, bien sûr.

 

Alors que la Nouvelle Vague bat son plein et pense redistribuer la donne cinématographique française, on continue à faire du cinéma classique, sans se poser trop de questions existentielles, et surtout avec le souci de donner du plaisir aux spectateurs.

C’est aussi un film qui continue d’asseoir la notoriété – méritée – de Belmondo et permet l’émergence de ces nouvelles têtes du cinéma français qui continueront à monter dans les décennies suivantes. Et Philippe de Broca lui-même s’installe dans le paysage du cinéma français, réalisant ici une comédie, dramatique certes, et picaresque comme il continuera d’en proposer dans les années qui suivront. C’est aussi la première étape d’une collaboration fructueuse entre Belmondo et De Broca.

 

Bien sûr, il ne faut pas y regarder de trop près à la vérité historique, encore que certains éléments sont directement tirés de la biographie de ce « brigand bien-aimé » (1) qui eut tout de même du succès auprès du peuple de Paris alors que la corruption régnait chez les Grands à la même période.

Certes, Cartouche fut un homme du XVIIIème siècle (1693-1721), mais de Broca en fait un précurseur de la Révolution française, chantre de l’égalité : remplaçant le tyran Malichot, il institue un partage des gains du « Royaume d’Argot » plus égalitaire ; et une de ses sorties en ville tourne à l’émeute avant qu’il n’arrête la vindicte populaire qui allait s’attaquer à la belle Madame de Ferrussac (2).

Cette séquence voit aussi parmi la foule un individu coiffé d’un bonnet phrygien rouge annonciateur des événements de la fin de ce siècle « éclairé ».

Mais la comédie s’exprime aussi par quelques bons mots dont une adresse savoureuse de La Douceur (Jess Hahn) au vieux maréchal des armées française (Lucien Raimbourg).

 

Mais Cartouche, c’est aussi un renouveau de la comédie dans le cinéma français, servi par un acteur alors au meilleur de sa forme : Belmondo n’a pas encore trente ans et il bondit et brette comme put le faire longtemps le grand Douglas Fairbanks, avec le même souci comique.

On s’amuse des situations et des différents affrontements – dans l’auberge, par exemple – même si l’aspect tragique inéluctable reste sous-jacent.

Quoi qu’i se passe, l’issue est écrite : Cartouche finira dans les dans du bourreau. Cette éventualité est d’ailleurs évoquée à différentes reprises, surtout au début et en fin de film.

En effet, le film s’ouvre sur une exécution publique : un condamné est roué en place de grève sous les yeux des badauds et des nobles qui donnent l’impression de prendre beaucoup de plaisir à voir un homme mourir (3).

Cartouche/Belmondo est alors explicite – et prémonitoire – envers son frère Louison (Alain Decock) : c’est là ce qui les attend tous, eux, les voleurs de la capitale.

 

  1. Pour les besoins du film mais pas que…
  2. Le patronyme complet du réalisateur est Philippe de Broca de Ferrussac…
  3. Il semble que cette attitude ait encore de beaux jours devant elle…
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