Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Henri Verneuil, #Comédie, #Michel Audiard
Cent mille Dollars au soleil (Henri Verneuil, 1964)

« Quand les types de 130 kilos disent quelque chose, ceux de 60 kilos les écoutent. »

Cette maxime très juste est prononcée par Rocco (Jean-Paul Belmondo), au volant de son camion, à propos des pérégrinations d’un autre chauffeur, Mitch-Mitch (Bernard Blier).

Parce qu’il s’agit ici d’une histoire de camion, et surtout de la cargaison de l’un d’eux.

Evidemment, c’est plutôt une histoire d’hommes.

Mais il y a aussi des femmes. Sans compter les hôtesses de la séquence finales, elles sont deux : Angèle (Anne-Marie Coffinet) et surtout Pepa (Andréa Parisy).

Si Angèle n’a qu’un rôle anecdotique, Pepa est l’un des centres de l’attention, mais surtout de celle de Rocco : c’est avec elle que ce dernier se fait la malle, emportant un chargement aussi mystérieux que prometteur, vers un acheteur qui ne semble pas trop regardant.

 

Mais reprenons : nous sommes dans le désert marocain, où Castagliano (Gert Fröbe) tient une entreprise de transport transsaharien. Parmi ses employés, on trouve quelques personnes au passé trouble voire bien noir, des hommes rompus qui n’ont peur de rien et boivent sec.

Pas étonnant alors qu’on retrouve derrière tout ça le dialogue ciselé du grand Michel Audiard.

Les différents protagonistes ne sont pas bien différents des autres personnages qu’Audiard a fait parler. Le changement est essentiellement dans le décor.

C’est un désert de pierres et de sable à perte de vue, une piste parfois difficile à suivre mais qui relie quelques villes les unes aux autres, et les pays les uns aux autres. Et sur ces routes, les camions de Castagliano, et leurs chauffeurs.

 

D’une certaine façon, il s’agit d’un road movie, mais sans pour autant avoir une quelconque dimension spirituelle : il n’y aura pas quelque transfiguration que ce soit : les hommes restant des hommes, et leurs rêves s’étant envolés depuis bien longtemps.

D’ailleurs au final, rien ne change : les hommes sont toujours des paumés qui retournent toujours d’où ils viennent (chez Castagliano), c’est juste la durée du voyage qui change.

 

La situation initiale, ces hommes revenus de tout, embauchés pour effectuer des livraisons sans poser de question, pourrait faire penser à ceux qu’on rencontre dans Le Salaire de la peur. Mais très rapidement, le comique s’impose, emmené par les répliques déjà évoquées.

C’est d’ailleurs au moment où on retrouve Lion Ventura et Bernard Blier et leur suite à nouveau ivres, recherchant un semblant de dignité allié à un pas mal assuré, que le basculement se fait définitivement.

 

Cette poursuite, le chargement, le désert, tout ça n’est pas bien sérieux.

J’en veux pour preuve les différentes interventions (elles sont 3) de Mitch-Mitch à la rescousse de Marec, dit le Plouc (Lino Ventura). A chaque fois c’est le même schéma : on aperçoit son camion, la musique se fait sautillante est comique (elle aussi), Blier arrive en se gaussant des infortunes du Plouc. La première fois, le camion est enlisé ; la seconde, le moteur est en panne ; quant à la troisième, il n’y a même plus de camion !

 

La seule chose qui est sérieuse, ce sont les cadrages du désert. Le format 2,35:1 permet de magnifiques panoramas des différents paysages du désert, entrecoupés par les rares villes traversées par les camions et leurs occupants.

Mais le film est en noir et blanc, et les teintes colorées qu’on aurait pu distinguer (surtout dans la cour de la séquence finale). De là à coloriser le film comme ce fut le cas à une période, il y a une marge que je me refuse à franchir.

 

Nous sommes donc dans un film comme il y en avait beaucoup à l’époque, filmant selon les mêmes codes que la décennie précédente, à l’écart de cette nouvelle vague qui s’installait et qui fut finalement plus une vaguelette qu’un tsunami, Audiard et son verbe restant les grands vainqueurs de cette période : ses répliques sont toujours autant célébrées plus de 50 ans après.

 

Certes, 100.000 Dollars n’arrive pas au niveau des Lautner de la même époque, servis par le même maître de la parole, mais on y retrouve avec plaisir les mêmes acteurs, généreux et liés par une grande amitié, et ce au-delà du film.

 

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog