Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Sport, #Hugh Hudson, #Lindsay Anderson
Les Chariots de feu (Chariots of Fire - Hugh Hudson, 1981)

En 1924, Paris accueillait (déjà) les Jeux Olympiques.

Le film de Hugh Hudson revient sur les épreuves d’athlétisme et surtout de course, dans lesquelles participaient quelques jeunes britanniques dont Harold Abrahams (Ben Cross) et Eric Liddell (Ian Charleson), tous deux médaillés d’or (1).

Avec ce film, Hugh Hudson remet à l’honneur deux grands champions anglais dont l’un venait de mourir  quelques années plus tôt (Abrahams, le 14 janvier 1978).

Le film s’ouvre sur Lord Lindsey (Nigel Havers) qui fait l’éloge funèbre de son compagnon, nous faisant basculer dans l’Angleterre de l’après Première Guerre Mondiale, en partie à Oxford, et le reste à Paris pour le grand événement.

 

C’est une très belle reconstitution que nous avons là, Hudson prenant un soin particulier aux tenues et autres accessoires tirés de cette époque de répit, suite à cette guerre (inutile, bien sûr) si meurtrière.

C’est généreux, c’est bourré de bons sentiments et toute cette sorte de choses, mais on y trouve aussi quelques attitudes britanniques beaucoup moins glorieuses, et en particulier les deux mandarins de Cambridge : le principal de Trinity College (Sir John Gielgud) et celui de Caïus (Lindsay Anderson).

 

Ces deux « gentlemen » représentent une frange on ne peut plus conservatrice d’une société qui disparaît et leur attitude envers Abrahams n’est pas exempte de tout reproche. Au contraire, le judaïsme de ce dernier n’est que très peu accepté (surtout pour celui de Caïus), n’hésitant pas à le rabaisser puisque n’ayant pas réussi à le convaincre.

Autre paria de l’intrigue : Sam Mussabini (Ian Holm, toujours impeccable). Il est l’entraîneur d’Abrahams, interdit un peu partout en Angleterre, et ses origines « métèques » ne semblent pas étrangères à cet état de fait : moitié italien et moitié arabe, dans cette société archaïque qui parle de « race » pour l’appartenance à un pays, il se retrouve doublement relégué sur la touche (2).

 

Bref, Hudson ne fait pas l’impasse sur les travers de cette société dans une période qui va devenir de plus en plus troublée avec la montée des totalitarismes et leur tentation même sur le sol anglais. L’antisémitisme feutré des deux représentants de Cambridge nous rappelle que la société n’était pas toujours tendre avec ses Juifs, et on peut se demander quel aurait été le sort d’Abrahams auprès de ses concitoyens en cas de défaite.

 

Mais la question en se pose pas et nous assistons avec plaisir – surtout pour ceux qui aiment le sport – à cet événement où le dépassement de soi est de mise comme le rappelle la devise des Jeux : « Plus vite, plus haut, plus fort. »

Sans oublier toutefois l’un des éléments qui fit beaucoup pour le succès du film, la musique qui est devenue depuis indissociable de Vangelis (Papathanassiou).

Et bien sûr, du fait de la course à pied, nous ne pouvions passer à côté du cantique Jerusalem d’Hubert Parry, tiré d’un poème de William Blake et qui commence ainsi : « and did those feet, in ancient time / Walk upon England’s mountains green ? » (3).

Mais l’utilisation de cet hymne par les Monty Python ne peut toutefois pas m’empêcher d’esquisser un sourire, un tantinet déplacé dans le contexte de l’intrigue…

 

Décidément, 1981 fut une bonne année pour courir : quatre mois (environ) après la sortie du film tard, Peter Weir proposait Gallipoli, autre film de coureurs, mais beaucoup moins optimiste.

 

PS : c’est lors de ces jeux que fut révélé un jeune athlète (20 ans) qu’on retrouvera quelques années plus tard à Hollywood : Johnny Weissmuller (3 médailles d’or, excusez du peu).

 

  1. Je ne révèle rien : c’est dans tous les livres d’histoire du sport anglais.
  2. La place de l’entraîneur, surtout dans les sports collectifs.
  3. « Dans les temps anciens, ces pieds ont-ils/Foulé les vertes montagnes d'Angleterre ?»
Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog