Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Roman Polanski
Chinatown (Roman Polanski, 1974)

J.J. « Jake » Gittes (Jack Nicholson) est détective privé à Los Angeles.

Une femme (Diane Ladd) lui demande de filer son mari, Hollis Mulwray (Darrell Zwerling) afin de découvrir sa maîtresse. Mulwray étant un personnage en vue, un scandale éclate quand des photos sont publiées dans la presse.

Problèmes :

  • Ce n’est pas Jake qui a fait fuiter l’information ;

  • Ce n’est pas la vraie Mrs Evelyn Mulwray (Faye Dunaway) qui lui a demandé d’enquêter.

Peu de temps après, Hollis Mulwray est retrouvé mort noyé.

Suicide ? Ce n’est pas ce que pense  Jake, qui va mener sa propre enquête.

C’est un rôle quasiment sur mesure qui est offert à Jack Nicholson. Il faut dire qu’il est sur le projet depuis le début. C’est d’ailleurs lui qui impose Roman Polanski, réticent (1) pour venir à Los Angeles assurer la réalisation, qui devait échoir à Robert Towne.

Et de ce côté-là, on n’a rien perdu au change, Polanski signant ici un film qui va relancer sa carrière après les deux échecs précédents.

Certes, le tournage ne fut pas de tout repos et des tensions apparurent surtout avec Faye Dunaway. Mais dans l’ensemble, l’interprétation est juste et le résultat est au niveau des espérances.

Et surtout, le jeu de Jack Nicholson est sobre (2), ce qui rend son personnage plus intéressant.

C’est vraiment la période où il va exploser sur les écrans : l’année suivante le verra triompher dans One flew over a cuckoo’s Nest.

L’intrigue de Robert Towne (qui devait donc réaliser) s’inspire de la Guerre de l’eau qui eut lieu à Los Angeles à la même période, et le personnage de Mulwray s’inspire directement de William Mulholland (1855-1935) – notez la première syllabe – qui donne son nom, entre autres, à des axes routiers devenus célèbres (« Mulholland Drive » est le plus emblématique, surtout pour les cinéphiles).

Cette intrigue sera d’ailleurs saluée par la critique et plusieurs fois récompensée (BAFTA + Golden Globes + Oscars, c’est tout de même un signe…).

[ATTENTION : ce qui suit dévoile une partie de la résolution finale  l’intrigue!]

A la différence des véritables faits, Robert Towne a ajouté un personnage central : Noah Cross (John Huston), le père d’Evelyn et associé de Mulwray. Ce personnage est d’une très grande immoralité, ajoutant une grande dose de sordide à l’intrigue : une relation incestueuse avec naissance d’un enfant.

Mais surtout, Polanski a insisté pour avoir une fin tragique, à l’encontre de celle heureuse de Towne (3). Il obtint donc gain de cause et le film se termine de manière assez terrible et dans une grande confusion.

C’est à propos de cette fin que j’émettrai une objection. Je ne remets – certainement – pas en cause l’aspect tragique, les privés ne peuvent pas toujours gagner sur tous les tableaux (4). Mais la fin proposée est laisse tout de même une impression d’inachevé du fait d’une résolution partielle : nous, spectateurs, savons le rôle de cette infâme crapule de Cross, mais l’enchaînement précipité des événements de fin laisse tout de même cette impression d’inachevé : quid de cet ignoble personnage et de sa « fille » (Belinda Palmer) ?

Une quinzaine d’années plus tard, le même Jack Nicholson réalisera une suite à ce film : The two Jakes (1990).

Vous vous doutez bien que ceci est une autre histoire…

 

PS : je sais que Roman Polanski n’est pas en odeur de sainteté suite aux différentes affaires dans lesquelles il est – fort justement – impliqué. Je me refuse de faire ici son procès pour deux raisons bien claires :

  • Je ne suis pas juriste ;

  • C’est le film qui m’intéresse et non celui qui l’a tourné.

De plus, réduire le film à son réalisateur est un tantinet imbécile, puisque c’est nier le travail des différentes personnes qui ont permis sa sortie, des producteurs jusqu’aux techniciens.

Du jeu d’acteurs au montage, en passant par la réalisation des décors, le montage et les autres fonctions indispensables, Polanski aurait été bien en peine de tout faire tout seul…

PPS : On notera aussi la présence du même Polanski dans un rôle déterminant puisque c’est lui qui coupe le nez de Jake, amenant le célèbre pansement sur son appendice pendant la plus grande partie du film.

 

  1. Son épouse Sharon Tate fut assassinée le 9 août 1969 dans cette même ville.

  2. Les années 1980s (et les suivantes) vont parfois voir une certaine outrance dans son jeu qui ne va pas obligatoirement le servir.

  3. Cette habitude hollywoodienne tenace qui veut que tout se termine comme il faut…

  4. La présence de John Huston nous ramène à un autre film où le privé ne gagne pas complètement : Le Faucon maltais (1940).

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog