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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Jean Boyer
Circonstances atténuantes (Jean Boyer, 1939)

Monsieur et madame Le Sentencier (Michel Simon et Suzanne Dantès) partent en vacances, mais tombent en panne aux abords de Paris.

Les voilà forcés de passer la nuit dans un petit bistrot où les habitués ne sont pas ce qu’on peut appeler des gens fréquentables. Parce que question fréquentations, c’est plutôt les tribunaux leur genre. En tant que prévenu.

Et Le Sentencier, lui aussi fréquentait les tribunaux. Mais c’était de l’autre côté, comme procureur…

 

Autres temps, autres mœurs…

Il ne viendrait à l’idée de personne de faire un tel film de nos jours. Non pas qu’il soit catastrophique, mais c’est parce que son propos est un peu daté.

Un procureur à la retraite qui se fait passer pour un truand, pourquoi pas. Mais qui réussit à réformer toute une bande de petits malfrats, on n’y croit pas beaucoup…

Mais en 1939, on y croyait. Il n’était pas question de faire un film où des marginaux (voire des criminels) s’en sortent ! Cette même année, Gabin se tirera une balle dans son appartement, cerné par la police (Le Jour se lève). Jusque dans les années 1960, on voyait d’un mauvais œil que les truands s’en sortent : à la fin, dans Le Cave se rebiffe, un intertitre nous informe que le coup si bien réussi n’a pas empêché ses auteurs d’être arrêtés !).

 

Alors cette histoire de procureur réformateur, en 1939, on y croyait (un petit peu). Mais surtout, il y a Michel Simon et la belle Arletty (Marie Qu’a-d’ça), alors on était sûr de passer un bon moment. Et j’avoue que le film se laisse regarder. Ce n’est pas un incontournable du cinéma de l’époque, où le réalisme poétique était si important pendant cette décennie, mais c’est une comédie de bon ton, où malgré l’invraisemblance du propos, on s’amuse des situations. Michel Simon y est un caïd (de l’honnêteté !) plus qu’impressionnant (surtout pour Marie Qu’a-d’ça) dans son comportement de faux truand auprès des autres demi-sels (parce que ce ne sont pas de grands criminels non plus).

Et puis c’est l’occasion de retrouver un peu de l’état d’esprit de la France de l’entre-deux guerres : les petits bistrots et leurs habitués, où chacun se sent un peu en famille, où on joue aux boules où on boit facilement le coup.


Et puis c’est aussi la possibilité de réécouter la célèbre chanson Comme de bien entendu, où chacun interprète un couplet, à sa manière (le patron – Dorville – un peu éméché, Arletty avec sa voix gouailleuse…), ponctuée par la voix formidable est caractéristique de Michel Simon.

 

Alors, ne boudons pas notre plaisir…

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