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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Spielberg
Rencontres du troisième Type (Close Encounters of the third kind - Steven Spielberg, 1977)

D’un côté une équipe de scientifiques sous couvert des Nations Unis qui sillonne le monde (Mexique, Inde…) ; de l’autre des quidams, là où il (ne) fallait (pas) au moment idoine.

Tous n’ont qu’un seul but : mettre un nom sur leurs apparitions. Définir ces « rencontres ».

 

Parmi les quidams : Roy Neary (Richard Dreyfuss).

Roy est un père de famille très particulier : il n’assume pas beaucoup son rôle paternel, préférant jouer au train plutôt qu’aider son aîné à son problème de maths. Mais malgré tout, Ronnie (Teri Garr), l’aime et passe sur son côté adolescent attardé.

Parce que Roy Neary est avant tout un ado attardé. Alors quand sur une intervention, non seulement il ne fait pas le boulot demandé mais en plus il est témoin d’une manifestation qu’il n’ose appeler extra-terrestre. Résultat : il est viré et sa femme prend de plus en plus ses distances d’un mari qui n’est plus vraiment à la hauteur, surtout qu’il a l’intention de créer une grande œuvre dans leur salon…

 

Ca, c’est le contexte voulu par Steven Spielberg, qui l’opposa au scénariste original (Paul Schrader) qui claquera la porte, faisant – de son propre aveu – « la plus grosse erreur de [sa] vie. »

En effet, le point de vue de Roy, grand enfant comme les aime Spielberg, est ce qui donne toute sa force au film. Car Roy est le catalyseur de l’alchimie mise en place par Spielberg : c’est lui qui donne sens au(x) phénomène(s) et qui rend l’histoire vraisemblable. Et le choix de Richard Dreyfuss pour l’interpréter finit de nous convaincre : ses yeux bleus d’incrédule qui a pourtant vu sont ses atouts les plus décisifs. Parce que ce n’est pas gagné, surtout pour sa femme : un grand dadais qui joue avec le tas de purée dans son assiette n’est pas spécialement le rêve d’une femme mariée… Et d’ailleurs, elle finit par partir.

 

Mais ce n’est pas grave, car comme disent Scully et Mulder : la vérité est ailleurs. Dans le Wyoming, par exemple, là où aura lieu la « rencontre » décisive…

Et Spielberg oppose à Roy, ce grand garçon naïf, une espèce de complot comme on en voit fleurir beaucoup sur le Net : l’armée des Etats-Unis reprend l’événement à sa charge et le bidonne ; nous assistons alors à une belle démonstration de mensonge au niveau fédéral (au moins) avec fausses émanations toxiques et vraie évacuation de la population avec juste ce qu’il faut de bousculade.

 

On peut déceler une étrange analogie entre les organisateurs de la rencontre et Spielberg lui-même sur le film. C’est comme s’il avait évacué tous les importuns et avait invité les spectateurs – à travers Roy, bien sûr – à assister à l’événement.

En effet, malgré l’immensité du lieu d’atterrissage du vaisseau, on ressent une impression de proximité entre les différents protagonistes et les spectateurs. Le jeu de Richard Dreyfuss accentue cette proximité. C’est comme un cadeau qui est fait aux spectateurs qui n’ont pas cessé de soutenir Roy dans cette extraordinaire expérience.

 

Cette ultime rencontre, d’ailleurs est un festival d’images somptueuses avec les magnifiques effets du grand Donald Trumbull, qui avait déjà fait quelques années plus tôt le même travail (mais différemment pour Kubrick et son 2001, l’Odyssée de l’espace (1).

Mais ses magnifiques effets spéciaux sont aussi au service d’un savoir-faire qui va se développer dans les années suivantes : la « Spielberg Touch », comme disent les anglo-saxons.

Avec ce film (son quatrième), Spielberg laisse de côté les histoires réalistes pour se lancer dans la science-fiction. Et à l’aspect scientifique, il ajoute une note de magie qui fait toute la différence. Non seulement il nous rend l’improbable vraisemblable, mais en plus, il arrive à nous émouvoir.

Car c’est à l’enfant qui est en nous qu’il s’adresse, à défaut de le faire aux enfants eux-mêmes (2). Il n’est pas étonnant qu’à part Roy, c’est un véritable petit garçon – Barry Guiler (Cary Guffey) – qui a des relations privilégiées avec ces étranges visiteurs venus d’ailleurs : pour croire à une telle histoire, il faut avant tout être un enfant, ou tout du moins avoir gardé une parcelle de son enfance…

 

 

  1. Pas étonnant que Ridley Scott fera appel à lui pour Blade Runner, cinq ans plus tard : La parenté est on ne peut plus claire.
  2. Il le fera plus tard avec E.T., dont le personnage central (l’extra-terrestre) ressemble beaucoup à ceux que nous apercevons à la fin.

 

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