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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #William C. De Mille
La Montée du passé (Conrad in quest of his Youth - William C. De Mille, 1920)

Conrad (Tom « Crichton » Meighan) revient de guerre (1). Seul son majordome, Dobson (Charles Ogle) l’attend. Pour le reste, personne. Pas de famille, à part quelques cousins plus ou moins éloignés (et pas seulement dans l’espace). Et Conrad gamberge : qu’est devenue sa jeunesse.

Il invite alors ceux avec qui il a passé son enfance, une vingtaine d’années avant. Mais c’est un fiasco. Il se tourne alors vers son premier amour, la belle Mary Page (Sylvia Ashton), qui est depuis devenue une grosse dondon mère de quatre enfants et surtout épouse d’un jaloux.

Reste son grand amour de jeunesse, la belle Mrs Adaile (Kathlyn William), qu’il aimait quand il avait dix-sept ans.

Là encore…

 

C’est une belle histoire d’amour que nous propose ici William C. De Mille (le frère de), dirigeant en outre le grand Thomas Meighan qui avait bien réussi à ce même frère. Et c’est une histoire qui part mal : comment peut-on retrouver sa jeunesse, une fois 35 ans passés (2) ?
Et Conrad va de déconvenue en déconvenue, jusqu’au coup de pouce du Destin qui va (enfin) le favoriser.

Mais c’est une belle histoire d’amour parce qu’elle se termine bine, malgré les différents signaux d’alarme qui nous sont montrés : le dernier indiquant que Conrad va visiter le cimetière de la ville où il est bloqué. Et comme nous sommes au cinéma, et que le Destin nous a été indiqué dans un intertitre (favorablement), nous savons que tout se terminera bien.

 

Il n’empêche : le sujet traité est plutôt lourd et triste : la fuite du temps. Et, cette fuite du temps est d’autant plus accentue que Conrad, sujet britannique revient de guerre (nous sommes donc en 1919) et qu’il a déjà environ 37 ans (voir plus haut). Et De Mille traite ce sujet avec le recul nécessaire, usant à bon escient des ressorts comiques voire tragiques : le premier amour, quand elle apparaît, même si cela est prévisible, ne peut nous empêcher le sourire (voire plus) : s’attendait-il à ce qu’elles l’aient toutes attendu ? Certes, Conrad est un beau parti (il ne travaille pas et a un majordome qui lui est resté fidèle malgré la guerre (3), mais malgré tout, il demeure seul, et l’éloignement guerrier n’est qu’un piètre argument.

 

Alors oui, William C. De Mille traite à son tour un sujet bourgeois voir un peu plus haut, mais il n’y a aucune ostentation et son sujet – la fuite du temps – est la chose la plus importante. Et ce traitement est très bien réussi : il oppose à merveille l’engouement de Conrad face à sa volonté de rattraper le temps perdu et l’impression de temps perdu des gens qu’il a invités (ses cousins). Et cette impression est d’autant plus justifiée que la maison qui les accueille a vieilli en même temps que ses anciens occupants…

 

Bref, une recherche du temps perdu très réjouissante et qui se conclut par une belle histoire d’amour : il faut dire que Margaret Loomis est irrésistible.

Alors on savoure de bout en bout, le sourire constamment aux lèvres. Le seul moment véritablement émouvant est le retour de Conrad et surtout ses retrouvailles avec Dobson. On pouvait même craindre un film un tantinet « guimauve » en se basant là-dessus.

Il n’en est rien. Tant mieux.

 

  1. Tout doux.
  2. Il retrouve lady Adaile et lui annonce qu’ils se sont connus quand il avait 17 ans, vingt ans auparavant.
  3. Au vu de son âge (avancé ?), il a certainement enduré les cinq années de cette guerre…
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