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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Christy Cabanne, #Bessie Love
Conspiracy (Christy Cabanne, 1930)

New York, 17 h 30.

Alors que des touristes se plaignent de la vie ennuyeuse de la Grosse Pomme, un homme vient d’être poignardé. Cet homme, c’est James Morton (Otto Matieson), un gangster notoire. C’est une femme qui l’a tué : Margaret Holt (Bessie Love). C’est la sœur de l’assistant du District Attorney qu’elle aide depuis plusieurs années.

En fuite, elle se réfugie dans un foyer pour jeune travailleuses. Là elle y fait la rencontre de John Howell (Hugh Trevor), un jeune reporter venu visiter le foyer, et surtout de Winthrop « Little Nemo » Clavering (Ned Sparks), auteur de romans policiers à succès, à l’intelligence très affutée.

Pour se protéger de la police et des gangsters qui sont après elle, elle accepte le poste de sténodactylo de l’écrivain.

 

Avec l’avènement du parlant, Hollywood se mit à adapter de plus en plus de pièces de théâtre. C’est le cas de film (1), avec malheureusement les limites de ce genre d’adaptation : ce sont exclusivement des intérieurs et une (très) grande part est laissée aux dialogues, comme c’était en plus le cas depuis deux ans. Et c’est bien dommage parce qu’on sent un véritable potentiel dans le placement et le jeu de caméra de Nicholas Musuraca pour les rares scènes d’extérieur : ce zoom vers le principal de l’intrigue ou encore la plongée sur l’escalier de service qu’emprunte Margaret nous laissaient présager de belles choses.

Mais Christy Cabanne va  nous enfermer dans des intérieurs plus ou moins conventionnels, laissant peu de latitude à son chef-opérateur.

 

Mais heureusement pour nous, il y a le duo de vedettes : Bessie Love (toujours aussi magnifique) et non pas le jeune premier comme on pouvait s’y attendre, mais plutôt un vétéran du métier dans un rôle formidable : Ned Sparks. Affublé d’une voix égrillarde, il interprète ici un vieux romancier un tantinet excentrique, sorte de détective amateur très éclairé. Vieilli pour l’occasion (il n’a que 46 ans quand le film sort), il n’est pas sans annoncer le vieil homme de Ain’t we got fun de Tex Avery qui sortira quelques années plus tard (1937) : irascible et perclus de rhumatismes, il oublie facilement ces derniers quand l’intrigue se corse et sa curiosité redouble. De plus, c’est un personnage hautement comique de par ses manies et ses ennuis de santé.

 

Par contre, comme nous sommes en 1930, on n’échappe pas à certains stéréotypes habituels en la personne de la servante Martha (Gertrude Howard) : c’est une grosse femme noire, archétype des servantes de l’époque (et d’après), un brin superstitieuse et demeurée.

Quoi qu’il en soit, le jeu de Bessie Love et Ned Sparks, hérité du cinéma muet fonctionne à plein dans cette comédie légère, elle du côté tragique, lui comique.

 

Une curiosité, donc.

On peut vivre sans tout de même, mais ce serait dommage de passer à côté de Bessie Love…

 

  1. La pièce de John Emerson et Robert B. Baker a déjà adaptée au cinéma en 1916 par Henry MacRae.
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