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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Robert Altman
Cookie's Fortune (Robert Altman, 1999)

« Cookie’s Fortune » désigne en règle générale la maxime contenue dans le biscuit final d’un repas chinois.

Mais ici, c’est bel et bien de la fortune d’une femme que nous parlons : Jewell Mae Orcutt, qu’on appelait donc « Cookie » (Patricia Neal).

Cookie vit avec Willis Richland (Charles S. Dutton), un métis qui a presque toujours vécu là, même quand son mari Buck était encore en vie, dans une de ces grandes maisons du Sud (Mississipi). Elle a deux nièces – Camille Dixon (Glen Close) et Cora Duvall (Julianne Moore) – et une petite-nièce – Emma (Liv Tyler) – fille de l’une des deux.

Mais Cookie est lasse et décide de se donner la mort.

Camille, découvrant le corps inanimé de sa tante ne peut accepter ce suicide et le maquille en meurtre.

C’est alors Willis qui est arrêté.

 

Tous les ingrédients pour faire de cette intrigue une histoire sordide sont là, mais ce serait faire peu de cas du réalisateur ! Robert Altman n’est pas le premier venu, et on retrouve ici ses habitudes narratives, à commencer par son exposition des différents protagonistes dans leur quotidien et leurs habitudes.

Tout ce petit monde vit au même endroit et la mort de Cookie va les rassembler malgré eux : Emma ne voit plus sa mère et sa tante depuis longtemps ; ces deux dernières n’étaient pas les bienvenues chez leur propre tante… Bref, des histoires de famille, encore et toujours.

A cela s’ajoute la couleur de Willis qui aurait pu être un élément à charge dans cette histoire de meurtre. Mais personne ne croit à la culpabilité de ce dernier, et c’est l’adjoint Lester (Ned Beatty) qui a l’argument imparable de son innocence : « je pêche avec lui. »

 

C’est avec l’arrestation de Willis que Robert Altman lance la comédie : Emma qui ne veut pas le laisser seul et va partager sa cellule ; son avocat (Donald « Rem » Moffat) et le même Lester qui y jouent au scrabble avec lui ; et les interventions incongrues du jeune policier Jason Brown (Chris O’Donnell).

Bref, on s’amuse beaucoup, sans pour autant perdre de vue l’aspect policier de l’intrigue, même si elle devient tout de même secondaire, et ce malgré l’arrivée d’un inspecteur chevronné (Courtney B. Vance), ou supposé tel. Il faut dire que l’opération de séduction de la policière Wanda (Niecy Nash) sape chaque nouvel élément qui pourrait ramener un peu de sérieux. Et tant mieux d’ailleurs.

 

Reste un film où l’interprétation est le grand atout, avec une mention spéciale pour les deux tantes, chacune dans son registre. D’un côté une simplette (Julianne Moore) qui se laisse mener par le bout du nez par sa sœur, et de l’autre une maîtresse-femme dont la seule occupation est diriger : en plus de la vie de sa sœur, elle dirige une pièce de théâtre – adaptée d’Oscar Wilde – rappelant sans cesse à chacun l’imminence de la représentation et donc l’indispensable travail d’apprentissage qui va avec.

Chacune, dans son rôle, est superbe et elles montrent bien qu’elles sont de grandes dames du cinéma.

 

Et finalement, quid de la fortune de Cookie ? Je vous laisse découvrir chez qui elle retombe, même si on le sentait depuis le début.

Cookie’s Fortune, une pause dans le cinéma américain de la fin des années 1990s où tout explosait avec force effets spéciaux numériques alors en plein essor.

A voir.

 

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