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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Jean Dréville
Copie conforme (Jean Dréville, 1947)

Tout commence avec la vente du château de Niolles par son propriétaire le duc (Louis Jouvet) à un couple de gogos.

Ensuite, c’est une armoire livrée par erreur par un déménageur (Louis Jouvet) : ce dernier et ses complices récupèrent l’armoire lestée des objets précieux de la maison.

Après, c’est un Norvégien (Louis Jouvet) qui dérobe des diamants à un joailler belge.

Vous l’avez compris, Louis Jouvet est Manuel Ismora, officiellement maître photographe et officieusement escroc de haut vol.

Mais il y a aussi Gabriel Dupon (1), employé modeste et insignifiant des Boutons Béton, qui se rend dans l’hôtel où Ismora a dérobé les diamants, et où il est arrêté et déferré au parquet Il faut dire que Gabriel Dupon est le sosie parfait de Manuel Ismora, jusqu’à sa propre voix.

Cette ressemblance va alors intéresser Ismora qui s’en servira d’alibi pour ses mauvais coups.

 

En marge de sa stature de grand comédien et metteur en scène, Louis Jouvet ne rechignait pas à la comédie, interprétant quelques rôles devenus fameux depuis grâce à lui (Knock, Mosca), et bien sûr ces deux personnages qui, s’ils se ressemblent sont tout de même très opposés.

Là où Ismora n’est que tromperie et malhonnêteté, Dupon est franchise et droiture ; où Ismora est entreprenant et dominateur, Dupon est timide et respectueux, surtout envers la maîtresse du premier, la belle Coraline (Suzy Delair qui va sur ses 102 ans le 31 décembre prochain).

 

Bien sûr, Louis Jouvet envahit l’écran, régalant le spectateur avec cette double composition, où l’un semble le négatif de l’autre (3), mais demeurant malgré tout les deux faces identiques d’une même pièce.

Et c’est vrai qu’on se régale de cette histoire on ne peut plus improbable au scénario complexe et habile de Jacques Companeez, mené avec brio par Jean Dréville, et servi par une distribution (prestigieuse, même si beaucoup de ces interprètes sont maintenant oubliés) qui se hisse au niveau du maître, donnant alors un film fort réjouissant.

On reconnaît entre autres Jane Marken, qui logeait Frédérick Lemaître/Pierre Brasseur dans Les Enfants du Paradis, et un petit jeune homme de 27 ans qui débute : Jean Carmet (un des complices d’Ismora).

Quant à la belle Suzy, toujours aussi énergique, elle pousse à nouveau la chansonnette : « L’Amour est une comédie » chante-t-elle, ce qui n’est pas sans rapport avec l’intrigue dans laquelle elle participe,

 

Bien sûr, nous avons droit à quelques scènes où Louis Jouvet donne la réplique à Jouvet Louis, le tout rédigé par le formidable Henri Jeanson, dont les dialogues n’ont rien à envier au grand Michel Audiard.

La preuve :

  • « S’aimer comme des pauvres, ça doit être chic, quand on sait qu’on a de l’argent » (Suzy Delair).
  • « Vous avez déjà lu le Larousse ? C’est un recueil de noms célèbres totalement inconnus. » (Louis Jouvet)

Bref, Copie conforme est une pépite du cinéma français d’après guerre, où Jouvet est comme toujours impérial, partageant la vedette avec la belle Suzy, avec qui il sera à nouveau à l’affiche trois mois plus tard, sous la direction de Clouzot, dans un rôle beaucoup moins comique.

 

  1. Ni d, ni t.
  2. Vous vous doutez bien qu’il est aussi interprété par Louis Jouvet.
  3. A moins que l’autre soit le positif de l’un…
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