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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Biopic, #Richard Attenborough
Cry Freedom (Richard Attenborough, 1987)

Pour moi, Steve Biko était un nom qu’on entendait dans la chanson Asim Bonanga du regretté Johnny Clegg (1). Et encore, j’ai reconnu ce nom après avoir (enfin) vu le film de Richard Attenborough.

Tout comme pour ses autres films en tant que réalisateur, le grand Richard nous expose un personnage humain, avec ses forces et ses faiblesses, avec ce qui fait de lui qu’on s’intéresse ici.

 

Et Steve Biko mérite amplement qu’on s’arrête un moment pour l’évoquer.

Biko (Denzel Washington) était un leader sud-africain qui menait cette lutte pacifiste contre le gouvernement inique qui était en place en Afrique du Sud. Mais alors que Nelson «  Madiba » Mandela croupissait dans une geôle, Biko était libre – dans ce que cela signifie en 1975-1977 – et pouvait dispenser sa parole proche de celle de l’immense Nelson.

Et si Mandela a survécu à son traitement – lui aussi inhumain – il n’en fut pas de même pour Biko et nombre d’autres personnalités politiques qui sont morts pour cette cause : l’abolition de l’apartheid qui faisait que des Africains descendants de ceux qui ont toujours vécu ans cette région étaient considérés comme des sous-hommes par une poignée de colons d’origine européenne (Pays-Bas, France, Allemagne ou encore Scandinavie) qui se considéraient comme supérieurs et ce malgré les différentes mutations internationales et sociétales qu’on pût voir après la seconde guerre mondiale.

 

Donald Woods (Kevin Kline) est le rédacteur en, chef d’un journal proche du pouvoir qui considère Steve Biko comme un trublion plus ou moins inoffensif mais surtout un ennemi du système qu’il n’a aucune raison de dénoncer (le système, pas encore Biko).

Alors quand le docteur Mamphela Ramphele (Josette Simon) lui propose une entrevue avec Biko, il saisit cette opportunité de se forger sa propre opinion sur ce leader noir si sulfureux (2).

 

Et comme nous nous y attendons : Woods va devenir un chantre de cette lutte pour l’abolition de l’apartheid.

Mais surtout, il sera celui qui annoncera au monde qui était Steve Biko et remettra de facto en question la mort de tous ces leaders emprisonnés par un système raciste et inique et qui, constitutionnellement n’avait pas à justifier outre mesure la mort d’un de ses prisonniers.

La preuve ? Steve Biko est mort d’une grève de la fin, après avoir été frappé sans retenue par ses geôliers.

 

Nous allons donc assister à la mutation d’un personnage, Donald Woods. Alors qu’il est bien conditionné pour obéir au système, il va découvrir progressivement cet homme proscrit, comprenant puis soutenant sa lutte pour l’égalité sans pour autant prôner quelque vengeance contre les tenants de ce gouvernement injuste.

Et on va retrouver d’une certaine façon ce point de vue quand Nelson Mandela arrivera – avec raison – au poste suprême de ce pays : il n’y aura pas véritablement de règlement de compte. Et pourtant, il y avait de quoi !

 

Quoi qu’il en soit, le film de Richard Attenborough ne s’arrête pas à Biko, mais raconte le périple de Donald Woods qui devra prendre de grands risques pour échapper à ce système injuste et faire publier son livre racontant le calvaire puis la mort de Biko, éveillant alors les dernières consciences mondiales à ce fléau qu’est le racisme, et ce système politique désuet. Désuet bien qu’abandonné récemment (nous sommes en 1977) par les Etats-Unis (3).

 

Et tout comme pour Gandhi (1983), Attenborough montre le ^parcours de son martyr, en y adjoignant un système inique (comme déjà écrit pus haut) justifiant à lui seul le combat de cet apôtre de la paix : à aucun moment Biko n’appelle au soulèvement armé ni à quelque action violente. Tout comme Gandhi ou Luther King avant lui, il est un pacifiste convaincu de la force de son engagement et de ceux qui le suivent.

 

Mais si Biko a prôné toute sa (fin de) vie l’action pacifiste, Attenborough ne peut passer outre les exactions de ce gouvernement abject qui n’hésita pas à tirer sur la foule de Soweto en 1976, tuant hommes, femmes ET enfants pour la sauvegarde d’un modèle obsolète autant que meurtrier.

 

  1. Son album The third world Child sort la même année que le film.
  2. Tellement dangereux qu’il n’avait pas le droit de côtoyer plus d’une personne à la fois !
  3. Une dizaine d’années, sans parler du racisme ordinaire subi par les Noirs dans le Sud, et malheureusement ailleurs.
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