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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Kevin Costner
Danse avec les Loups (Dances with Wolves - Kevin Costner, 1990)

Le Western est de retour.

En fait, le Western est toujours de retour, si on doit se fier aux annonceurs. Peut-on dire que le Western a disparu un jour ? Je ne pense pas.

Mais on peut tout de même dire que ce western, à sa sortie fut un événement : Kevin Costner avait même mis un quart du budget de sa poche tant il voulait le réaliser.

Non seulement ce fut un bon calcul financier, mais en plus, il fut grandement récompensée à travers le monde.

L’histoire ? Elle est toute simple, et c’est aussi pour cela que le film a bien marché.

 

Alors qu’il est blessé et qu’on doit l’amputer de la jambe droite, le lieutenant Dunbar (Kevin Costner, donc), qui refuse de devenir invalide, lance contre les Confédérés une charge solitaire autant que suicidaire qui se transforme en acte héroïque et lui vaut une affectation plus reposante et surtout la conservation de sa jambe.

Sa nouvelle affectation est tellement calme qu’il est seul dans ce qui ressemble à des ruines d’un fort militaire, au point le plus occidental de la frontière (1).

A force d’être seul, Dunbar va visiter ses voisins : une tribu de Sioux dirigée par le chef Ten-Bears (Floyd « Red Crow » Westerman) et le sorcier Kicking Bird (Graham Greene).

Une fois la surprise (réciproque) passée, des liens vont peu à peu se nouer entre les Sioux et cet homme blanc si étrange : la première fois que Kicking Bird le voit, Dunbar est tout nu.

 

Bien sûr, on a en tête les deux monuments précédents – Little Big Man et A Man called Horse tous les deux curieusement sortis la même année – qui offraient exclusivement une intrigue du point de vue des Indiens, ce qui n’étaient pas souvent le cas des Westerns de la grande époque avec les spécialistes du genre : John Ford, Howard Hawks, Raoul Walsh pour ne citer qu’eux (2). 

La grande différence tout de même, c’est que le Blanc qui devient Indien le fait volontairement : il n’est pas prisonnier ou perdu comme on le voit pour l’une des membres de la communauté, Stand with a Fist (Mary McDonnell).

 

C’est une épopée fabuleuse que nous offre Kevin Costner, et on comprend pourquoi il voulait à tout prix tourner ce film. Encore une fois, on ne peut que prendre le parti des Indiens contre les hommes blancs : ces derniers, n’intervenant que dans la dernière heure du film (avec aussi la toute première séquence qui voit Dunbar se retrouver à Fort Sedgewick), sont montrés comme des abrutis analphabètes, frustes et violents, ce qui à mon avis n’est pas tellement exagéré.

 

Mais si les Indiens sont les « gentils » du film, cela ne les empêche pas non plus d’être cruels : envers leurs ennemis - les Pawnees (3) – comme envers les Tuniques bleues. Ce dernier combat va définitivement sceller le sort de Dunbar : arrêté et en attente d’être pendu, il est libéré par ses « frères » indiens.

Et d’une façon générale, Dunbar, en six mois (4), va se transformer : physiquement autant que moralement, adoptant définitivement les us et coutumes de ces nouveaux amis.

 

Pour le reste, c’est un superbe western que nous avons là, où le réalisme l’emporte sur le spectaculaire, le tout dans un cadre magnifique : le Dakota du Sud.  Mais surtout, les interprètes autres que les « Blancs » sont de véritables descendants des tribus indiennes, même s’ils ne sont pas d’ascendance sioux.

De plus, le langage utilisé est aussi sioux, ce qui donne encore plus de force aux différentes séquences du film.

 

Alors quand on dit que le Western est de retour, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il n’est jamais parti, mais qu’il est avant l’un des thèmes les plus fondateurs du cinéma américain, et que s’il est parfois obscurci par le reste de la production cinématographique, il n’en demeure pas moins un repère vers lequel Hollywood revient régulièrement, amenant à chaque fois  une autre pierre à l’édifice de l’histoire américaine du XIXème siècle, avant que ce pays soit définitivement considéré comme civilisé.

 

Civilisé du point de vue occidental, c'est-à-dire conquis avec une bible, mais surtout un fusil.

 

 

  1. La Frontière était la limite où la « civilisation » américaine s’étendait, toujours plus à l’Ouest avant de rejoindre l’océan Pacifique, amenant les colons puis les villes, amenant aussi le crime et les maladies ainsi que la guerre qui furent fatals aux Amérindiens.
  2. Je ne dis pas que tous les autres westerns prenaient exclusivement le point de vue des Indiens, mais la plupart du temps, on en revenait au vieil (et stupide) adage : « un bon Indien est un Indien mort. » On retrouve d’ailleurs cette pratique dans la dernière partie du film.
  3. Parmi les Pawnees, on découvre alors un acteur (amérindien) qui fait ses débuts au cinéma : Wes Studi. On le retrouvera dans le très beau Hostiles de Scott Cooper. On peut imaginer d’ailleurs que l’Indien vieillissant qu’il interprète ne devait pas être beaucoup plus différent dans sa jeunesse de celui qu’on peut voir ici.
  4. Seul repère chronologique : sa rencontre avec les nouveaux « pensionnaires » de Fort Sedgewick.
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