Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marc Caro
Dante 01 (Marc Caro, 2008)

 

Dante, à part être l’un des plus grands auteurs italiens est ici une planète volcanique autour de laquelle tourne un satellite très particulier : il s’agit d’une base spatiale qui abrite des condamnés de droit commun hautement dangereux.

Leurs lourds passés les obligent en outre à être utilisés comme cobaye dans quelque expérience scientifique prévue par l’autorité supérieure qui gère – de très loin – cette unité spéciale.

Un jour, un nouveau détenu arrive. Il ne parle pas, il ne fait que trembler et il possède un tatouage sur l’épaule droite : Saint-Georges terrassant le dragon. Il sera donc surnommé ainsi, Saint-Georges, et va devoir vivre avec quelques rebuts de l’humanité aux noms évocateurs : Attila (Yann Collette), Bouddha (Bruno Lochet), César (Dominique Pinon), Lazare (François Levantal), Moloch (François Hadji-Lazaro) et Raspoutine (Lotfi Yahya-Jedidi), sous la garde de Charon (Gérald Laroche) et la supervision de Perséphone (Maria Maicanescu).

 

Unique.

Il est difficile de classer ce film de Marc Caro, qui réalise ici son premier – et pour l'instant dernier – long métrage tout seul, tant il ressemble à peu d’autres films.

Certes, on y retrouve un cadre de science-fiction bien établi et sur certains points, on retrouve des allusions à certains classiques dont je parlerai plus loin.

Mais à cela s’ajoute une dimension métaphysique très importante, voire religieuse, ou encore mystique peu habituelle dans le genre.

Et surtout, on retrouve quelques éléments visuels qu’on avait déjà découvert dans l’association que Caro avait menée avec Jeunet lors de leurs deux premiers films. Il règne à de nombreux moments cette atmosphère glauque et étouffante due aussi à l’enfermement des différents protagonistes : les criminels sont dans une prison, mais leurs gardiens et médecins ne sont pas mieux lotis puisqu’ils ne peuvent quitter la station comme ils le voudraient.

 

Bien sûr, cette station spatiale nous invite à penser à Alien, et les virus mutants qui sont inoculés nous ramènent à la créature qui sème la terreur et la mort dans le film de Ridley Scott. De plus, ici aussi il est urgent de faire quelque chose pour survivre, l’orbite de la station amenant progressivement cette dernière vers Dante. Peut-on en outre voir un clin d’œil au vieux complice Jeunet dans l’épreuve que doit passer César : il doit encore une fois traverser un passage rempli d’eau, comme ce fut le cas dans l’opus AlienResurrection de son vieux camarade.

L’autre référence peut se trouver chez Kubrick, dans son incontournable 2001, a space Odyssey. En effet, le sacrifice final de Saint-Georges rappelle le voyage vers l’infini de David Bowman (Keir Dullea) dans la dernière partie du film (là aussi), ce déferlement d’images amenant un changement pour le protagoniste comme c’est aussi le cas ici.

 

Bref, c’est un film à part, même s’il reprend quelques codes connus. A part parce que le propos est différents des autres et la façon de traiter cette « aventure » spatiale est en décalage avec les différents traitements de la survie dans l’espace que nous avons pu voir ces dernières années.

Et surtout, c’est toute la dimension métaphysique qui brouille les cartes, avec le personnage central de Saint-Georges, véritable figure christique. C’est lui qui, comme celui qu’on appelle le Rédempteur, va soulager ses compagnons d’infortune et prendre leur mal. De plus, on peut remarquer différentes images qui rappellent la Croix : la forme de la station qui peut représenter une croix, tout comme elle peut faire songer à une forme humaine, les bras écartés. Ces bras écartés se retrouveront d’ailleurs quand Saint-Georges sera étendu pour examen, alors qu’il est déjà considéré comme mort par l’autre scientifique de la base, Elisa (Lin Dan-Pham).

De la même façon, le dernier plan de Saint-Georges, laisse-t-il quelque doute quant à sa dimension messianique ?

 

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog