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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Paul Leni, #Mélodrame
Le Cabinet des figures de cire (Das Wachsfigurenkabinett - Paul Leni, 1924)

Bien sûr, le titre nous rappelle un film de Robert Wiene. D’autant plus que nous retrouvons Conrad Veidt et Werner Krauss. Mais il ne faut pas s’y tromper, nous ne sommes pas dans Caligari, même si certains éléments visuels aussi nous y font penser.

Paul Leni (aidé de Leo Birinski), avec ce film, réussit la prouesse de rassembler dans un même film la crème des acteurs allemands de l’époque : Jannings, Veidt et Krauss sur une même affiche, ça vous met l’eau à la bouche. Si en plus je vous dis qu’on y trouve aussi William Dieterle (qui s’appelle encore Wilhelm) et Georg John (dans un tout petit rôle, mais il n’empêche, il est là), vous aurez une idée du film dont je vais vous parler.

 

Rapidement, l’intrique : un poète (Dieterle) est embauché par un forain et sa fille (Olga Belajeff) pour écrire un contexte épique à leurs figures de cires, et en particulier aux trois principales : le calife Haroun-Al-Rachid (Jannings), Ivan le Terrible (Veidt) et Jack l’Eventreur (Krauss).

Vont nous être racontées trois histoires autour de ces personnages légendaires, où à chaque fois le poète et la jeune femme seront présents, et à chaque fois amoureux l’un de l’autre.

 

En plus du Cabinet de Wiene, on sent l’influence de Fritz Lang dans ce film où trois histoires se suivent avec comme fil conducteur le couple à l’amour malmené : dans Les trois Lumières, le grand Fritz avait partagé son intrigue en y insérant trois épisodes « historiques », dont un se déroulait au Moyen-Orient. Mais chez Lang, c’était déjà la tragédie qui primait, la Mort (Bernhard Goetzke) offrant des chances illusoires au jeune homme de sauver sa fiancée.

Ici, ces trois histoires ne sont pas de longueurs similaires : l’intrigue de Bagdad prend la moitié du film et celle de Jack l’Eventreur est très courte, le temps restant – entre ces deux histoires – est laissé pour l’intrigue russe.

Outre la durée, ces trois parties n’ont pas la même teinte. En effet, si les aventures du calife sont plutôt comiques, les deux autres sont beaucoup plus noires. D’un côté la cruauté d’Ivan, et de l’autre les pérégrinations d’un assassin menaçant nos jeunes amoureux dans le décor de la fête foraine où se situe le cabinet.

 

Mais surtout, si l’épisode oriental (1) est plaisant à voir, l’intermède russe est à peine passable.

Certes, il y a Conrad Veidt. Mais cela ne suffit pas pour rattraper une histoire plutôt empesée et où les gestes de Veidt sont outrés. Reste son regard effaré qui pourrait sauver le tout, mais à peine.

 

Par contre, la dernière partie qui voit surtout un festival de surimpressions est – à mon avis – la plus réussie.

C’est un véritable labyrinthe qui nous est proposé où les amants se perdent et se retrouvent, toujours talonnés par cette silhouette fascinante et effrayante, où finalement Werner Krauss n’a que très peu de choses à exécuter.

En effet, cette séquence ne dure environ que cinq minutes et ce sont essentiellement des plans statiques de l’acteur que nous voyons, à part une fois il avance, menaçant seulement du fait de son statut et surtout du maelstrom d’images qui entoure les personnages.

 

Bien sûr, la fin est courue d’avance, mais qu’importe, cette dernière séquence vaut la peine de voir le film, surtout si on aime le regard malicieux et un tantinet lubrique de Jannings…

 

 

(1) Dans cet épisode, nous suivons le boulanger Assad (Dieterle) essayer d’échapper aux gardes du calife dans une Bagdad qui rappelle – encore une fois – la ville de Caligari. Mais si les décors chez Wiene sont très rectilignes, tout comme Cesare (Veidt), et de ce fait angoissants. Ici, Bagdad est essentiellement ronde : les dômes, les arches, même les escaliers sont en colimaçon, reprenant cette forme arrondie qui se retrouve jusqu’au calife-Jannings, une espèce de poussah (poussif) – comme dirait Goscinny – au ventre énorme.

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