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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Film noir, #Comédie, #Carl Reiner
les Cadavres ne portent pas de costard (Dead Men don't wear plaid - Carl Reiner, 1982)

Rigby Reardon (Steve Martin) est un détective privé. Il vient d’être engagé par la très belle Juliet Forrest (Rachel Ward) qui ne croit pas à la mort accidentelle de son père, un scientifique spécialisé dans le fromage.

A mesure que Reardon découvre la vérité, ses ennemis se dressent sur son chemin pour l’empêcher de faire toute la lumière sur une grande conspiration, avec nazis à la clé : c’est normal, nous sommes dans les années 1940, après la seconde Guerre Mondiale.

 

Dès la scène de présentation, le ton est donné : Reardon est un privé à qui on ne la fait pas, mais surtout dans les bras duquel les femmes tombent comme c’est cas ici : sa visiteuse s’évanouit.

Mais là où Sam Spade ou Philip Marlowe aurait eu les gestes précis pour la réveiller, il n’en va pas de même pour ce singulier détective : il l’embrasse sur la bouche et se met à lui « repositionner » les seins.

En clair : il la tripote.

 

Dès lors, la place est faite pour la parodie. On retrouve le monologue intérieur de l’enquêteur mais on comprend rapidement que là n’est pas le plus important.

C’est l’intervention d’un jeune homme qui vient s’occuper de notre héros : il porte une serviette dans laquelle repose un pistolet que cet homme va utiliser pour éliminer Reardon avant qu’il ne soit trop tard.

Rien de bien nouveau ni de parodique, me direz-vous. Oui, mais si j’ajoute que ce jeune homme ressemble étonnamment à Alan Ladd et que les images sont tirées de This Gun for hire (Frank Tuttle, 1942).

Et cet emprunt est le premier d’une longue série (1) qui voit apparaître Humphrey Bogart, Ava Gardner, James Cagney ou encore Ingrid Bergman, dans des films plus ou moins emblématiques de la période.

C’est un véritable festival. On s’amuse à retrouver les films dont sont tirés les extraits, et on sourit à la façon dont Reiner a mis en scène l’adaptation : les dialogues sont pertinents et s’intègrent très bien à l’intrigue ; les décors et les costumes ont été recréés afin d’assurer la continuité des situations, permettant à Steve Martin de « jouer avec » quelques (très) grands noms du cinéma.


Et puisque nous parlons de costumes, saluons ici l’immense Edith Head dont ce fut la dernière collaboration à un film : elle mourut pendant la production, mettant ainsi fin à une carrière de plus de 400 films et de nombreux téléfilms (2).

Si les acteurs « actuels » (ceux qui ont vraiment tourné pour ce film) sont un peu moins connus, on reconnaît tout de même Carl Reiner dans le rôle du majordome à l’accent allemand prononcé (3).

Et si certaines séquences anciennes n’ont pas toujours le même grain d’image ou possèdent une musique différente, on se laisse totalement prendre par cette histoire improbable de conspirateurs aux objectifs meurtriers absurdes (4).

Et on ne peut que saluer le tour de force de Carl Reiner d’avoir réussi ce magnifique fil-hommage au film noir américain des années 1940 : de Suspicion (Alfred Hitchcock, 1941) à In a lonely Place (Nicholas Ray, 1950).

 

 

PS : « Rigby Reardon », quel nom ! D’un autre côté, il fallait que les séquences anciennes soient en rapport avec l’intrigue « moderne ». Rigby est le nom de Robert Taylor dans The Bribe (Robert Z. Leonard, 1949) avec Ava Garner. Reardon est celui d’Edmond O’Brien dans The Killers (Robert Siodmak, 1946) avec encore une fois la très belle Ava.

 

  1. vous irez voir vous-même celles et ceux que j’aurai oubliés.
  2. Brad Bird, dans les deux Indestructibles a créé le personnage d’Edna Mode qui de par son nom et son original crée des costumes…
  3. Inutile de préciser qu’il est l’un des nazis annoncés.
  4. Je ne dirai rien de plus : la texture du fromage est un élément primordial dans cette entreprise criminelle.
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