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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Disney, #Jack Kinney, #Donald Duck, #Dessins animés
Der Fuehrer's Face (Jack Kinney, 1943)

1943. En pleine deuxième guerre mondiale, les studios Disney proposent ce film de Jack Kinney, reprenant une chanson parodique de Oliver Wallace : Der Fuehrer's Face.

Oliver Wallace était compositeur pour ces mêmes studios, d'où une facilité d'exploitation de cette chanson.

Mais, Spike Jones était passé par là : en 1942, alors que le film va bientôt être sorti en salles, il crée sa propre version de la chanson. Et quelle version : comme toujours, les instruments classiques (saxophones, tubas, etc.) côtoient les instruments plus improbables (klaxons de voiture entre autres) et des bruits plus ou moins gracieux.

Ce qui devait s'appeler Donald Duck in Nutziland change de titre et surfe - dirions-nous maintenant - sur la vague jonesienne.

Certes, la musique n'a pas la force de celle des City Slickers (le groupe de S. Jones), mais le film compense largement ce handicap.

Nous suivons les aventures de Donald, membre du Reich, qui travaille dans une usine d'armement (bien entendu), contraint de participer à l'effort de guerre.

 

La forme la plus représentée est bien sûr la croix gammée : elle apparaît dans chaque centimètre carré de pellicule disponible. Ailes de moulins, bouche d'incendie, buissons, robinets, haies, poteaux électriques, pièce raccommodée, réveil, horloge (avec coucou à moustache carrée)... Même le coq est nazi ! C'est un festival magnifiquement absurde. La musique (de Wallace) est jouée par une formation minimale dont les incontournables instruments de fanfare : tuba, grosse caisse, clarinette. Une espèce de formation musicale militaire. Tout à fait dans l'esprit des défilés nazis. De plus, les instrumentistes sont tous de fiers nazis ou assimilés : on y retrouve Goering, Hiro-Hito et Mussolini. Le seul qu'on ne voit pas est Hitler, à part dans un cadre avec ses alliés de l'Axe.

Et Donald fabrique des bombes. Des petites, des moyennes, des grosses, le tout sous l'œil de ses gardiens (invisibles) qui ne se manifestent qu'en le menaçant de leurs fusils à baïonnettes. Les cadences sont infernales et ne sont pas sans rappeler celle de Chaplin dans Les Temps modernes. Comme le vagabond, Donald pète les plombs et s'ensuit une scène onirique malgré tout rattachée à la guerre : on y voit voler/danser des bombes, un Donald à petite moustache carrée et mèche sur le côté, pendant que tout a une forme d'obus. Ce sont tous les éléments de l'armée allemande qu'on retrouve sous forme de bombe : les musiciens, les soldats casqués, les bottes à clous, et même Hitler !

Derrière cette parodie, malgré tout, se cache le véritable message du film : Hitler et son armée ne sont pas des gens fréquentables. Donald n'a aucune liberté, mange très peu : une tranche de pain extrêmement rassis avec un bol d'eau dans lequel il plonge un grain de café récupéré dans son coffre-fort ! Bref, toutes les conditions pour démontrer que ce pays est mauvais.

Parce que nous sommes dans un film de propagande. Il fallait bien que les studios Disney participent à l'effort de guerre et motivent le moral des Américains.

Et le but est atteint. Comme pour Spike Jones ou Tex Avery et son Blitz Wolf, le rire sert la cause. Malgré tout, Tex Avery va plus loin dans sa charge contre Hitler, annonçant d'ailleurs sa mort finale. Ici, Hitler ne reçoit qu'une tomate (pourrie ?) dans la figure.

[Il est clair que Disney lui-même était un fasciste. Mais l'Amérique, malgré tout, importait tout de même plus. Il y a un temps pour recevoir Leni Riefenstahl dans ses studios (1938), et un autre pour défendre son pays.]

 

Il n'empêche : je préfère Blitz Wolf !

 

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