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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Policier, #Alfred Hitchcock
Le Crime était presque parfait (Dial M for Murder - Alfred Hitchcock, 1954)

Pourquoi tuer sa femme ?

Parce qu’elle est riche. C’est la première raison et très certainement la plus importante. La seconde, elle a une relation avec un autre homme. Bref, deux raisons solides pour s’en débarrasser.

Comment tuer sa femme ?

Faire appel à une vieille connaissance, un tantinet truand afin de se couvrir et de détourner les soupçons. Ensuite, il suffit de motiver cette personne – en la faisant chanter un brin- afin qu’elle vienne vous débarrasser de cet importun fardeau pendant que vous n’êtes pas là.

C’est ce que décide Tony Wendice (Ray Milland) à propos de sa femme Margot (Grace Kelly) qui a en outre une relation avec Mark Halliday (Robert Cummings).

Le quidam pour la basse besogne ? Charles Swann (Anthony Dawson), ancien camarade de promotion. Sauf que…

Sauf que c’est Swann qui est tué. Par Margot.

 

Nous sommes ici à un tournant dan l’œuvre d’Hitchcock, l’un de ses plus grands films policier par la même occasion. En effet, cette fois-ci, il prend comme base le point de vue du tueur – Tony Wendice – et articule son intrigue autour de sa volonté » de se débarrasser de sa femme pour les raisons évoquées ci-dessus.

Et si le titre original fait référence au coup de téléphone passé par ce même Wendice (il commence par un 6 correspondant à la lettre M), le titre français est plus explicite quant à la démarche de Wendice.

Mais bien sûr, c’est le « presque » qui est le plus intéressant : tout d’abord parce que la victime n’est pas celle escomptée, et aussi parce que sa démarche est au moins aussi intéressante – pour le réalisateur comme pour le spectateur – que le résultat attendu.

 

Tourné en pleine vogue 3D, on pouvait, à sa sortie, muni de lunettes spéciales, apprécier certains éléments du film avec un effet de relief saisissant, accentuant les effets, et surtout la main de Grave Kelly cherchant un moyen de se défendre de son agresseur : la paire de ciseaux.

Cette arme inopinée amène l’une des morts les plus crues filmées par son réalisateur, essentiellement parce qu’on voit comment la blessure devient létale, tuant assurément cet assassin occasionnel.

 

Mais avec ce film, c’est un personnage et surtout un concept de série qui vont germer pendant près de 14 ans : Columbo. N’en déplaise à Wikipédia, l’inspecteur Hubbard (John Williams) est l’archétype du policier qui donnera naissance au policier interprété par le grand Peter Falk. Tout comme lui, il possède un imperméable, mais surtout, il veut passer pour plus idiot qu’il n’est auprès d’un criminel sûr de lui et un tantinet arrogant, afin de mieux le confondre.

La grande différence entre Hubbard et Columbo réside tout de même dans leur origine : Hubbard est définitivement anglais, comme le prouve le dernier plan du film.

Pour le reste, les différents épisodes de la série fonctionnent à peu près comme ce film : on sait qui a fait le coup et l’intérêt réside dans la faculté de déduction du policier à débrouiller l’intrigue.

 

Mais à la différence de la série, nous sommes ici chez Hitchcock (il apparaît, bien sûr) et il vient de découvrir une interprète qui, si elle ne va tourner que trois films avec lui, n’en gardera pas moins une certaine auréole, devenant l’une des actrices fétiches de ce réalisateur : Grace Kelly.

On la connaît surtout pour son rôle aux côté de Gary Cooper dans High Noon (1952), mais sa rencontre avec le grand Hitch va donner un autre – et final – tournant à sa carrière : suite à To catch a Thief (1955), elle épousera Rainer de Monaco et tirera un trait sur le cinéma après seulement 11 films.

 

Quoi qu’il en soit, ici elle interprète une femme abusée avec beaucoup de conviction, même si on peut lui préférer les rôles suivants que lui proposera Hitchcock.

Bien sûr, Ray Milland est – encore une fois – extraordinaire, assassin par procuration d’une habileté diabolique et John Williams fait partie de ces policiers du cinéma qui ne laissent pas indifférent, interprétant un personnage beaucoup plus sagace qu’on ne pouvait l’imaginer, véritable ascendant du petit inspecteur « imaginé » par Richard Levinson et William Link (voir plus haut).

 

Inoubliable.

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