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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Raoul Walsh
Les Aventures du capitaine Wyatt (Distant Drums - Raoul Walsh, 1951)

Le capitaine Wyatt (Gary Cooper) est un drôle d’homme. Certes c’est un soldat, mais ses manières ne sont pas celles qu’on attend d’un militaire. Tout d’abord, il ne vit pas en garnison, mai sur une île, à l’écart des autres. De plus, il a épousé une Indienne avec qui il a eu un fils. Malheureusement, son épouse a été tuée par d’autres soldats, jeunes et ivres.

Cela ne l’empêche pas de continuer à mener un bataillon de braves pendant la guerre qui opposé le gouvernement américain aux Séminoles entre 1835 et 1842.

Nous le suivons ici dans une opération contre un fort tenu par des trafiquants d’armes et surtout la fuite devant les Indiens dans les Everglades, cette région marécageuse très dangereuse de Floride.

 

Walsh termine 1951 avec un nouveau western (le deuxième), et surtout l’immense (par la taille et le talent) Gary Cooper. Il s’agit aussi du premier film où on peut entendre le cri Wilhelm, poussé ici par Sheb Wooley (le soldat Jessup) alors qu’il est entraîné par un alligator (1). Mais il s’agit aussi d’un film sur les guerres indiennes, qui se déroule plus tôt que les westerns traditionnels avec duel au coucher du soleil ou autre règlement de compte à coup de fusil comme on en trouvait beaucoup à la même époque.

Ici, pas de microcosme des pionniers comme on en a l’habitude depuis The covered Wagon ou the big Trail, mais un univers naturel et sauvage, fatalement hostile où les alligators et autres reptiles sont à leur aise.

 

IL y a chez Wyatt une noblesse indissociable de Gary Cooper : c’est un homme ouvert – il a épousé une Indienne – et bon – il a pardonné aux meurtriers de sa femme – ainsi qu’un soldat très courageux et attentif à ses hommes (dans une certaine mesure). En effet, lors des différentes manœuvres de repli inévitable, il est toujours le dernier) partir, veillant à n’abandonner personne.

Mais comme nous sommes malgré tout chez Raoul Walsh, on retrouve quelques éléments récurrents, et en particulier un  partenaire pour Wyatt : Monk (Arthur Hunicutt). Certes, ce n’est pas Walter Brennan, mais on retrouve tout de même un côté rude chez ce trappeur, qui est avant tout un ami indéfectible de notre héros, amenant de par son attitude quelques éléments comiques dans un film qui n’en a pas tant que ça.

 

Il faut dire que le sujet de l’intrigue se base sut une période historique pas spécialement glorieuse des Etats-Unis : la seconde guerre séminole avait pour origine  la déportation des Amérindiens de Floride. Il y aura une troisième guerre qui ne laissera plus qu’une centaine d’Indiens encore en vie une quinzaine d’années plus tard (1855-1858).

Et si les Séminoles subissent ici de lourdes pertes, il en va un peu de même pour les « tuniques bleues », mais surtout Walsh insiste sur le fait que tous les Indiens ne sont pas les mêmes. Dès le début, alors que le lieutenant Richard Tufts (Richard Webb), le narrateur, rencontre un Indien, son réflexe est de sortir son sabre du fourreau. Il est rapidement stoppé dans son élan par Monk qui lui explique que l’homme qu’il voit est un ami.

De la même façon, Wyatt explique qu’il n’en veut pas aux Séminoles d’avoir tué sa femme puisque ce ne sont pas eux qui ont tué sa femme. Par contre, on ne sait pas trop pourquoi il leur en veut, si ce n’est la logique de la guerre qui perdure (L’intrigue se situe en 1840).

Nous n’en sommes tout de même pas encore au revirement qui s’amorcera bientôt et nous amènera quelques westerns humanistes, mais on sent que tout est prêt pour le changement de point de vue.

 

Et puis il y a LA femme. Elle est belle et ne manque pas d’appas et n’a surtout rien à envier à Jane Russell dans The Outlaw. Et bien sûr, elle va succomber au charme de Wyatt (normal, c’est Gary Cooper !), changeant d’état d’esprit à force de côtoyer cet homme. Mari Aldon (Judy Beckett) ici était une actrice américaine qui ne compta qu’une douzaine de films au cinéma, concentrant sa carrière à la télévision. On se souvient surtout de son rôle dans ce film grâce à la photo célèbre qui en fut tirée et utilisée pour sa promotion (voir ci-dessus).

 

Et les tambours (2) ?

On commence à les entendre quand Wyatt et son équipage pénètrent les marais. Ce sont des tambours d’avertissement tout d’abord, annonçant aux autres Indiens la situation. Rapidement, ils deviennent un accompagnement sonore permanent, qui ne sera interrompu que par l’issue de l’affrontement final (3). Ces tambours indiens seront alors remplacés par celui de l’armée américaine, beaucoup plus martial, et donc beaucoup moins mélodieux.

Mais ceci n’est qu’une question de goût…

 

  1. Un des habitants des Everglades.
  2. Le titre original pourrait se traduire par « Tambours dans le lointain ».
  3. Il y en a tout de même un, nous sommes dans un western !
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