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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Michael Curtiz
Doctor X (Michael Curtiz, 1932)

Une nuit de pleine lune, on amène un corps à la Morgue de Mott Street. C’est une jeune femme qui a été étranglée puis charcutée par celui qu’on appelle « le Tueur de la pleine lune ». Ce soir-là, Lee Taylor (Lee Tracy) traîne dans les parages afin de dégotter le scoop de sa carrière.

Ce soir-là, c’est le Docteur Xavier (Lionel Atwill) qui s’est déplacé pour examiner le cadavre…

 

Nous sommes en pleine période du film d’horreur et d’épouvante, qui commença avec le Frankenstein de James Whale et culminera l’année suivante avec l’arrivée de King Kong sur les écrans, avec la même actrice pour le premier rôle : la belle Fay Wray.

Ici, nous sommes dans un mélange d’épouvante, d’horreur et de policier, car il est question de traquer – et mettre la main sur – l’assassin qui ne peut être qu’un des collaborateurs de Xavier (et pourquoi pas lui, d’ailleurs ?).

 

Il y a dans le film Doctor X des éléments qui nous ramènent à deux autres films un tout petit peu antérieurs : celui de James Whale mais aussi le Dr. Jekyll de Rouben Mamoulian.

On retrouve l’aspect scientifique et expérimental du premier (lui-même fortement inspiré par le Metropolis de Lang) ainsi que le dédoublement de personnalité du second : le meurtrier dont il est question est avant tout un scientifique à la double personnalité comme celui imaginé par Robert Louis Stevenson. On a d’ailleurs droit à une scène de métamorphose qui pourrait tourner au Grand-Guignol si le sujet n’était aussi inquiétant, et son réalisateur si talentueux (1).

Bien sûr, tout l’art de Curtiz est d’utiliser les ombres pour créer cette atmosphère indispensable, à chaque fois dans des situations inquiétantes, ce qui lui fera dire à propos des effets d’épouvante recherchés : « je ferai bouillonner votre sang ! »

 

N’en déplaise à la légende qui veut que Robin Hood (du même Curtiz) soit le premier film en couleur du réalisateur, ce n'est pas non plus Doctor X (2) qui fut son premier film en Technicolor (3). Le suivant (4), d’ailleurs, le sera aussi. Certes, les couleurs sont un tantinet passées, mais cela donne au film des tons pastel en adéquation avec l’atmosphère du film.

Parce que le film possède cette atmosphère propice aux histoires à faire dresser les cheveux sur la tête : la pleine lune qui se découvre aux moments propices ; des ombres menaçantes, ainsi que des personnages plutôt louches du fait de leurs particularités physiques.

 

Si le docteur Xavier semble normal, il n’en va pas de même de ses collègues : le docteur Wells (Preston Foster)a perdu une main ; le docteur Duke (Harry Beresford) a un pied bot et ne se déplace qu’avec un fauteuil roulant ou des béquilles ; et le docteur Rowitz (Arthur Edmund Carewe) possède une spectaculaire balafre sur la joue droite ainsi qu’un œil mort dissimulé par un monocle noir. Mais sont-ils ceux qu’ils prétendent ?

Bref, des individus automatiquement classés dans la liste des suspects probables.

 

Mais nous sommes chez Curtiz, et il ne peut s’empêcher de parsemer quelques éléments comiques dans cette histoire terrible. Il utilise pour cela le journaliste Lee Taylor, un reporter habile certes, mais superstitieux et maladroit à souhait, amenant quelques bons moments de détente au milieu des squelettes et autres éléments effrayant.

 

Et puis il y a la jeune femme : Johanna Xavier (Fay Wray), la fille du docteur. Quand elle tourne avec Curtiz, ce n’est pas son premier film, loin de là : elle en a déjà une bonne trentaine à son actif (5). Sa première intervention dans le film est d’ailleurs ce qui fera sa renommée à partir de l’année suivante : elle crie !

Mais on n’a pas seulement le loisir d’entendre sa puissante voix, on peut aussi admirer ses formes ma foi agréable à voir, entre autres dans une scène en bord de mer qui n’apporte tout de même pas grand chose à l’intrigue…

 

Mais ne boudons pas notre plaisir…

 

  1. On ne pouvait faire autrement à cette époque, il faudra attendre les débuts du morphing, quelques soixante ans plus tard pour arriver à un résultat « naturel ».
  2. Longtemps, cette copie couleur fut considérée comme disparue.
  3. Il s'agit de Mammy (1930), sorti quelques jours avant Under a Texas Moon, lui aussi en couleur. Grand merci au professeur Allen John pour ses précisions.
  4. The Mystery of the Wax Museum, avec encore une fois Fay Wray
  5. Dont The wedding March de Stroheim, excusez du peu.
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