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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Alex Schmidt
Forgotten (Du hast es versprochen - Alex Schmidt, 2012)

La petite fille aux grands yeux, sur l’affiche, c’est Maria (Mia Kasalo). C’est elle qui a été oubliée (1) par Hanna (Greta Oceana Dethlefs puis surtout Mina Tander). Il faut dire que le dernier été qu’Hanna et son amie Clarissa (Alina Sophie Antoniadis puis Laura de Boer) ont passé sur l’île de Maria fut riche en rebondissements. Mais ça, c’était avant.

Depuis, Hanna est devenue infirmière, a épousé Johannes (Clemens Schick) et a une petite fille, Lea (Lina Köhlert). Un jour, elle retrouve Clarissa parmi les patients de son hôpital. Elles décident alors de retourner pour quelques vacances sur cette île de leur enfance.

Mais évidemment, le passé leur revient, et surtout le souvenir de la disparition de Maria, dont on n’a jamais retrouvé le corps…

 

Autant le dire tout de suite, Hanna avait de très bonnes raisons d’oublier. Et Alex Schmidt va nous le prouver en prenant son temps, installant progressivement ses personnages et surtout ramenant la mémoire à Hanna, usant avec pertinence de flash-back qui n’arrivent pas obligatoirement dans l’ordre : si la mémoire nous revenait linéairement, ce sera peut-être plus pratique, mais ça nous éviterait quelques films intéressants, dont celui-ci.

Parce qu’Alex Schmidt réussit à créer une ambiance particulière, angoissante, servi par deux actrices qui nous transportent dans cette histoire terrible qui remonte à l’enfance. Et l’affiche (encore une fois) originale nous prévient : « Sais-tu encore ce que tu as fait étant enfant ? »

Mais Hanna, elle, ne sait plus (et pour cause), alors que tout le monde autour semble savoir.

 

Et comme Hanna, le spectateur va voir les souvenirs revenir à la surface, provoqués par des situations, des objets, des lieux. Et cela va durer pendant les deux premiers tiers du film, jusqu’à l’emballement – inévitable – de l’intrigue et l’apparition du sang – un petit peu trop à mon goût, mais ne chipotons pas – et la résolution – encore plus terrible de cette histoire qui devient étouffante, malgré le peu d’enfermement physique qu’elle comporte : certes les portes sont présentes – celle de la cave et la trappe – mais pas autant qu’on aurait pu l’attendre, surtout quand le dénouement approche.

 

Et Schmidt filme avec beaucoup d’habileté avec les sentiments de ses personnages – surtout Hanna, bien sûr – et les nerfs de ses spectateurs, jouant sur l’état mental de cette dernière face à la tragédie passée : Maria a été enfermée dans un puits et personne n’est venue la chercher, alors que les deux autres petites filles quittaient l’île.

Schmidt va donc jouer avec le surnaturel, faisant apparaître la petite Maria à différents endroits, la faisant disparaître quand il faut pour qu’on puisse raisonnablement se demander s’il s’agit d’une véritable apparition ou d’un délire visuel, ou les deux.

 

Et Schmidt nous emmène jusqu’au bout de la nuit (2) de ces (ses) personnages, vers une révélation finale tout aussi terrible que ce qu’il s’est passé quand elles étaient petites filles.

 

A découvrir.

 

  1. D’où le titre international. Pour le titre original(« tu l'a[vai]s promis »), je vous laisse découvrir le rapport.
  2. Bien sûr, c’est plus angoissant quand il fait noir !
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