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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Denis Villeneuve
Dune (Denis Villeneuve, 2021)

Il aura donc fallu attendre trente-sept ans pour avoir enfin une adaptation de Dune digne de ce nom !

En effet, après le pensum empesé de David Lynch, personne ne s’était risqué à reprendre le flambeau. Mais maintenant que les effets numériques sont là – et bien là – la donne a changé et comme c’est en plus Denis Villeneuve qui est aux commandes, il n’y a aucun »e raison d’avoir peur !

Certes, vous me direz qu’il y a Blade Runner 2049 (2017).

Oui. C’est un bon argument. Mais je vous réponds alors qu’il y a eu juste avant Arrival (2016) et là, le débat est clos.

 

Nous sommes donc de retour sur Arrakis et nous y retrouvons Paul Atreides (Timothée Chalamet qui semble plus dans l’âge de son personnage) et ses parents Leto (Oscar « Poe » Isaac) et Lady Jessica (Rebecca Ferguson), les méchants Harkonnen – Vladimir (Stellan Skarsgård) et Rabban (David « Drax » Bautista), et bien sûr les Fremens et leurs vers.

Et encore une fois, il est question d’épice, de guerre et d’un Messie qui ne dit pas son nom.

Mais à la différence de Lynch, Villeneuve prend son temps et en prenant vingt minutes de plus, il va beaucoup moins loin que son aîné, expliquant sans assommer le spectateur, évitant les personnages inutiles (1).

 

Mais Dune 2021, c’est avant tout une fantastique épopée menée tambour battant par un maître du cinéma. Dès les premières images, on pense à Lynch puisque c’est une voix féminine que nous entendons et qui nous introduit dans ce monde : il s’agit de Chani (Zendaya «MJ »), une Fremen mais qui aura elle, un rôle important dans ce film (et la suite). Certes, on y retrouve des épisodes communs avec la précédentes version, mais là s’arrête la comparaison. Villeneuve nous gratifie ici d’un chef-d’œuvre, et puis c’est tout. Enfin presque tout.

Parce qu’on ne peut pas passer à côté d’un tel moment de cinéma. C’est absolument magnifique. On reste cloué à son siège du début à la fin du film, savourant avec régal un immense moment de plaisir.

 

En effet, Denis Villeneuve nous montre qu’on peut lancer une épopée spatiale compliquée (2) avec clarté et maîtrise technique, tout en intégrant des scènes de bataille spectaculaire sans pour autant passer à 24 plans par seconde ni asséner les images au spectateur. Parce que ce qui marque, c’est le rythme du film qui n’est que très rarement soutenu : Villeneuve (grâce à Greig Fraser son chef-op’) prend le temps de soigner chaque plan, laissant le temps au spectateur d’apprécier ce qu’il se passe, sans pour autant tomber dans quelconque piège godardien qui nous aurait vite englués…

 

On retrouve dans ce Dune la façon de filmer d’Arrival, démontrant que l’on peut arriver à un résultat spectaculaire sans pour autant essayer d’entrer dans le Livre Guinness des records. La technique est au service de l’intrigue – et non le contraire une intrigue prétexte à des effets toujours plus époustouflants – et ce parti pris de prendre son temps permet avant tout au spectateur de bien intégrer ce qu’il voit, et surtout de l’apprécier à sa juste valeur. Depuis l’arrivée des effets numériques – et je l’ai déjà écrit ici – nous assistons à une surenchère constante dans tout ce qui est proposé, avec des résultats pus ou  moins satisfaisants (3). Alors que depuis que le cinéma existe, on a pu voir nombre de films extrêmement spectaculaires sans pour autant être enivré par un tourbillon d’images agressives.

 

L’autre grande différence d’avec le film de Lynch tient aussi au traitement de l’intrigue. A aucun moment Villeneuve ne tente de racoler le spectateur avec des images plus ou moins choc (le Baron Harkonnen n’a plus rien à voir avec le pantin pathétique interprété par Kenneth McMillan), et surtout, malgré la somme d’information qui passe tout au long du film, on n’y trouve nulle part cette impression de bavardage (plus ou moins intempestif) constant qui lasse.

Non, Villeneuve déroule son intrigue comme un conteur son histoire, les mots étant remplacés par les images : mais sans parasite, ni superflu voire gratuité. Il rejoint en ça une longue lignée de réalisateurs américains qui sav(ai)ent raconter des histoires (4).

Et ça, c’est franchement rassurant pour le cinéma !

 

Et quand le film se termine, on n’a qu’un envie : qu’il recommence, puisqu’il faut attendre (hélas) pour avoir la suite !

 

J’oubliais la grande surprise du film : Jason Momoa (Duncan Idaho) n’a plus de barbe !

 

  1. J’avais oublié de parler de la princesse Irulan (Virginia Madsen) qui servait de narratrice à Lynch mais dont le rôle n’avait alors aucune importance. Elle était très belle mais n’avait aucune influence sur l’intrigue. Une voix off aurait suffi.
  2. N’ayant – depuis l’article précédent sur le film Lynch – toujours pas lu le roman de Frank Herbert, je me fie à ce que j’ai pu entendre un peu partout…
  3. Heureusement, certains ont su maîtriser ces effets sans pour autant tomber dans ce piège.
  4. Certains d’ailleurs le prolongeant à propos de leur propre vie…
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