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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Tony Scott
Ennemi d'Etat (Enemy of the State - Tony Scott, 1998)

Un représentant du congrès (Jason Robards, dans son avant-dernier film au cinéma) est assassiné. Sur ordre de Reynolds (Jon Voight), de la NSA. Pas de témoin. Ou plutôt si : une caméra a tout filmé.

Reynolds doit donc retrouver le film.
Tant pis si la vie de l’avocat Robert C. Dean (Will Smith) doit exploser.

 

Vingt ans après, le film de Tony Scott est toujours d’actualité (et ce n’est pas près de changer). Le fond de l’intrigue, c’est bel et bien le rapport entre la     Sûreté et la vie privée.

Ici, nous suivons deux points de vue, deux camps.

 

Le premier camp est celui du Renseignement (notez la majuscule) : jusqu’où peut aller la surveillance quand la sûreté d’un état est en jeu ? Partout répondent les tenants de ce camp.

L’autre camp, c’est celui du citoyen lambda, celui qui est au mauvais endroit au mauvais moment. Et Dean est ce citoyen. Il a beau être averti par sa femme (Regina King), il ne voit pas le problème que pose la surveillance à grande échelle.

 

Et au milieu de ces deux parties, on trouve celui qui les connaît bien : Brill (Gene Hackman).

Brill est au courant de tout : il est un ancien de la NSA. Mais il connaît aussi très bien l’autre camp, puisque pendant près de vingt ans, il a déjoué toutes les surveillances.

Et avoir finalement choisi Gene Hackman pour jouer Brill est une très bonne idée : on pense à Conversation secrète dans lequel il interprète Harry Caul, un de ces plombiers du renseignement, n’hésitant pas à fouler la liberté individuelle pour récolter des informations.

Brill pourrait tout à fait être Harry Caul, vivant sous une nouvelle identité (ce n’a jamais été un problème pour lui…)

 

Quoi qu’il en soit, ici, Tony Scott nous propose un de ces blockbusters haletant de bonne facture. En effet, s’il n’était pas un réalisateur régulier, il faut lui reconnaître ici une bonne maîtrise du sujet.

On assiste à une chasse à l’homme moderne. Pas de jungle, pas de Comte Zaroff, mais bel et bien une proie qui n’a jamais demandé à le devenir. Et Will Smith (toujours très athlétique) est un candide tout trouvé. Mais cette candeur va progressivement disparaître pour laisser la place à des doutes, voire à un revirement. Nous sommes dans un schéma narratif très codé : c’est conte. Mais il n’y a pas de fée. Même pas de sorcière. Par contre, il y a toutes les composantes :

- Le héros : c’est Dean qui a une vie normale jusqu’au moment de déséquilibre (le film qui lui est remis à son insu et que la NSA veut récupérer) ;

- L’opposant : c’est Reynolds et toute son équipe de techniciens et gros bras, essayant à chaque occasion de l’éliminer ;

- L’adjuvant : c’est celui qui vient l’aider, Brill, et qui le guide vers la résolution de sa quête ;

- La quête : récupérer sa vie d’avant et rétablir la justice ;

- Les épreuves : de différentes sortes, tout d’abord contre Dean puis à un moment en sa faveur ;

- La résolution : le film se termine bien, je vous laisse voir comment.

- La transfiguration : Dean n’est plus le même.

 

Une intrigue finalement très simple, mais menée tambour battant par un réalisateur efficace et des effets spéciaux, en particulier des prises de vues satellitaires, pertinentes. Le tout avec juste ce qu’il faut de conspiration (la NSA vous regarde, elle sait tout… D’ailleurs elle sait que vous êtes en train de lire cette chronique !).

 

Mais, parce qu’il y a toujours un mais, le scénario n’a pas anticipé une chose, c’est le développement d’Internet.

En effet, les ordinateurs personnels et les téléphones cellulaires ont permis une explosion de la vie privée comme nous la connaissions alors au moment du film. Et si ce film nous alertait sur les dangers de la surveillance par rapport à la vie privée, il est maintenant bien loin de la réalité de 2018. Entre temps, la surveillance a évolué et les citoyens ont, pour une grande part, accepté d’être surveillé, voire d’exposer leur vie aux yeux du monde. Alors finalement, la NSA n’a plus beaucoup d’effort à faire pour surveiller tout ce monde-là.

Deux raisons à cela : le 11 septembre 2001 et ses conséquences, et les réseaux sociaux* qui se sont développés à une vitesse vertigineuse, et qui permettent de savoir ce que font vos contacts, parfois même en temps réel…

 

 

* Celui où vous avez pu trouver cet article, par exemple…

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