Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Terry Jones, #Comédie
Erik le Viking (Erik the Viking - Terry Jones, 1989)

Las des différentes expéditions enchaînant le combat, le pillage et le viol, Erik le Viking (Tim Robbins) décide d’aller réveiller les dieux afin qu’ils mettent un terme à Ragnarök, cette nuit sans fin de guerre et d’atrocités.

Mais pour cela, il va devoir affronter mille périls et éviter en plus l’affreux Harald le Noir (John Cleese), qui n’a aucune raison que les choses changent.

 

Bien sûr, le nom de Terry Jones au générique implique une parodie. Et de ce côté, pas de problème : pour son deuxième film en solo, il fait tout de même appel à quelques noms renvoyant à la grande époque des Monty Python : John Cleese ou Neil Innes qui signe la musique. On retrouve aussi Charles McKeown – qui a travaillé avec Terry Gilliam, l’autre Terry des MP - qui interprète ici le père de Sven (Tim McInnerny), le beserk (1).

Et bien sûr, on retrouve Terry Jones dans la distribution, jouant le rôle du roi de Hy-Brasil, dont les compositions musicales sont assez particulières.

 

Deux ans après Personal Services, Jones nous propose ici un film plus consensuel : il n’a pas été interdit en Irlande ! On y retrouve en partie l’humour décalé de ses débuts au cinéma avec ses comparses et même un plan qui rappelle le début du Holy Grail : alors que l’infâme Loki (Antony Sher) va trahir Erik et ses guerriers en s’associant avec Harald, on a perçoit un gibet où pendent deux corps.

On y retrouve aussi des situations absurdes, dan leur propos ainsi que dans leurs situations. La séquence d’ouverture qui voit Erik discuter avec Helga (Samantha Bond) une villageoise au lieu de la violer donne le ton ainsi qu’un but supplémentaire dans la quête principale.

 

Pour le reste, on note un souci certain pour mettre en valeur le côté merveilleux de l’intrigue, rappelant, dans une moindre mesure l’univers de Terry Gilliam qui, l’année précédente avait sorti The Adventures of  baron Munchausen : l’affrontement avec le dragon de la Mer du Nord ou encore le décor d’Asgaard sont les éléments les plus probants. De même, avoir appelé l’endroit où est situé le Cor Résonnant « Hy-Brasil » n’a rien de fortuit, surtout quand on sait que Charles McKeown (encore lui) a participé au scénario de l'autre film (légèrement éponyme) de Gilliam.

 

On notera encore dans la distribution la participation de quelques personnages un tantinet décalés dans cette histoire des âges farouches :

  • Freya (Eartha « Miss » Kitt), une sorte de sorcière qu’Erik va consulter avant sa grande expédition. Ce n’est pas le personnage en tant que tel qui nous intéresse ici mais plutôt comment elle est arrivée là : la couleur de sa peau (elle est métisse) n’est pas de celle qu’on rencontre naturellement dans ces contrées nordiques, surtout à cette époque (2).
  • Harald le missionnaire (Freddie Jones, toujours aussi formidable), se déplace toujours avec un énorme volume (la Bible, sans aucun doute) essayant à chaque moment tragique de convertir un de ces païens. Mais à chaque fois, il est rembarré, quand il ne subit pas quelque ironie du sort lui faisant à chaque fois dire « c’est bon, c’est bon » (3).

 

 Ce dernier amène un élément plutôt inattendu dans cette histoire un brin foutraque : nous assistons à un choc des religions. En effet, la perception des différents éléments plus ou moins merveilleux n’affecte que celui ou ceux dont c’est la foi qui est concernée : la cape d’invisibilité ne concerne pas les vikings (ce qui nous offre une scène de combat plutôt comique) n’est perçue que par Harald. Alors que quand le drakkar atteint le bout du monde – là où se déverse l’océan – ce même Harald est assommé, et quand le voyage se continue au milieu des étoiles, il est persuadé que c’est le choc qui lui fait voir des étoiles (4). De même, il n’a aucune perception d’Asgaard et traverse la lourde porte alors que ses compagnons sont arrêtés par la taille et la masse de l’immense porte.

 

Si ce film n’atteint pas la qualité de ceux de l’autre Terry (Gilliam), il n’en possède pas moins un certain charme (voire un charme certain), et chaque visionnage – le cinquième, pour ma part – se déguste comme une friandise, avec gourmandise.

De plus, c’est l’occasion de retrouver Tim Robbins qui se fait bien rare sur les grands écrans des salles obscures…

Et puis il y a Terry Jones…

 

PS : J’ai eu la chance de revoir ce film au cinéma avec une vraie bobine, prêtée par la Cinémathèque. Il est des plaisirs qu’on ne saurait bouder…

 

  1. Un beserk est un guerrier enragé qu’on trouve dans la mythologie nordique
  2. Erik le Rouge, dont est inspiré le personnage principal, a vécu à ola fin du premier millénaire après JC.
  3. « Right, right. »
  4. En VO, on ne voit pas « 36 chandelles » mais des étoiles (« I still see stars »)
Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog