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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Actualité, #Politique
Essayez la Dictature, vous verrez...

« Une dictature, c'est un régime où une personne ou un clan décident des lois. Une dictature, c'est un régime où on ne change pas les dirigeants, jamais. Si la France c'est cela, essayez la dictature et vous verrez ! »

Emmanuel Macron (Le Point, 24-01-2020)

 

Notre cher Président s’exprimait alors qu’on lui reprochait de s’appuyer un peu trop fortement (voire violemment) sur la police pour faire régner (1) l’ordre.

Il semblerait que cette exhortation du chef de l’Etat a fait son chemin pendant ces quelques mois, surtout avec l’arrivée (programmée ?) du coronavirus qui, lui aussi, a été importé de Chine, comme beaucoup de produits ces derniers temps.

Je ne reviendrai pas sur la gestion sanitaire (lamentable) de la Covid-19, j’en ai déjà parlé ici. Mais je reviendrai sur la gestion humaine de cette même épidémie, depuis le confinement qui a commencé le 17 mars 2020 et qui est toujours d’actualité aujourd’hui, après une trêve estivale indispensable (2).

 

Mais depuis la fin du déconfinement, c’est une surenchère sécuritaire qui s’est abattu sur ce « beau pays de France », le faisant ressembler de plus en plus à une de ces dictatures que ce même président nous encourageait à essayer. En effet, du fait des gestes barrières et autres distances de sécurité obligatoires, les rassemblements de plusieurs personnes, qui avaient beaucoup empoisonné l’action du gouvernement ces derniers mois, sont maintenant beaucoup plus compliqués à organiser (3). Mais ce n’était pas suffisant, et il a fallu renforcer les mesures déjà en place.


Alors on a demandé aux étudiants de rester chez eux.

Certes, l’enseignement était toujours dispensé, mais distillé en visioconférences, très loin les uns des autres. Mais pourquoi interdire les cours d’université sur place et dans le même temps autoriser les autres élèves (4) à se rendre dans leurs établissements, avec en prime un passage par les transports en commun dont l’application des distances de sécurité sont un modèle du genre (5).

Mais pourquoi interdire aux étudiants ce qu’on autorise à (presque) tous les autres ?

Pour une raison toute simple : les universités ont toujours été des foyers de contestation, et ce bien avant 1968. N’oublions pas que les universités ont été déplacées hors des centres-villes pour éviter les régulières manifestations plus ou moins pacifiques.

Mais cet isolement individuel ne suffisait pas et nos gouvernants pont trouvé une nouvelle mesure pour museler un peu plus les étudiants : la pénalisation de l’occupation des campus. Finies, toutes ces veilles nocturnes dans les amphis, à guetter le reflet d’un bouclier ou d’une matraque de CRS. Fini les assemblées générales plus ou moins houleuses où la parole se libère et l’espérance d’un monde meilleur se construire s’élabore, et toute cette sorte de choses.

 

Mais l’autre menace pour le gouvernement, c’est l’information. A défaut d’user de fake news comme un futur ex-président américain, il a été décidé de s’attaquer à la source de l’information : les journalistes. Et les débordements de la manifestation du 17 novembre n’ont pas apaisé les tensions. A nouveau, nous avons eu droit à des violences policières – qui n’existent d’ailleurs pas, si on en croit le gouvernement – et des intimidations envers ces mêmes journalistes.

Après le contrôle de la jeunesse (contestataire), c’est le contrôle de l’information (libre), base de toute bonne dictature qui se conçoit. A quand le retour du Ministère de l’Information, tombé en désuétude depuis 1974 ?

 

Une réflexion vient de me venir.
Outre les étudiants, ces gauchistes contestataires, les autres victimes de ce confinement sont les personnes âgées, réputées fragiles face à ce virus, qui n’ont le droit de sortir que parcimonieusement.

Or que remarque-t-on quand on visionne les images de propagande tournées par les différents régimes autoritaires des XXème et XXIème siècles ? Une absence totale (ou presque) de personnes âgées(6).

Pourquoi ? Parce que ces gens montrent l’inéluctable : la vieillesse, cette dégénérescence cellulaire naturelle  inévitable qui amène vers une issue encore plus inévitable, la mort.

De tout temps, les dictateurs ont voulu paraître plus jeunes, afin d’incarner un idéal de force et de santé, et ont toujours écarté les différentes images qui rappellent cet inéluctable universel.

D’où la volonté de cacher ces « vieux » qui sont un outrage à l’essor dynamique plus ou moins impulsé par le(s) dirigeant(s).

 

Alors, essayer la dictature ? Non merci, c’est tout vu.

 

  1. Terme, semble-t-il, pas usurpé.
  2. Il ne faut pas compromettre les rentrées financières touristiques.
  3. Mais pas impossibles comme le confirment les dernières manifestations contre la dérive (ultra) sécuritaire de ce même gouvernement.
  4. Les étudiants, malgré leur statut, restent des élèves.
  5. Modèle de ce qu’il ne faudrait pas faire, cela va de soi.
  6. Les plus âgés sont en général les dirigeants…
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