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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Michel Gondry, #Comédie dramatique
Eternal Sunshine of the spotless mind (Michel Gondry, 2004)

Un homme se réveille. Une porte de voiture se ferme. Un démarrage (la même voiture ?). Il se lève (s'habille, part travailler...).

Sur le quai de la gare, il s'enfuit vers une autre destination. Une impulsion. Comme ça. Lui qui n'est jamais impulsif !

Il est au bord de la mer, à Montauk (East Hampton, NY). Il y a une jeune femme aux cheveux bleus.

Elle est dans le train qui le ramène chez lui.

Ils font connaissance, et de fil en aiguille...

Lui, c'est Joel Barish (Jim Carrey). Elle, c'est Clementine Kruczynski (Kate Winslet).

Mais voilà, le temps passe et le désir s'émousse (air connu). Elle décide de l'oublier.

Et c'est là qu'intervient le merveilleux : le professeur Mierzwiak (Tom Wilkinson) a mis au point un système (organisé par la société Lacuna) qui permet d'effacer une partie de la mémoire. Alors elle l'oublie. Totalement.

Alors lui aussi, veut l'oublier. De la même façon.

Totalement.

Irrémédiablement ?

 

Quelle belle invention ! Pouvoir oublier les souvenirs pénibles. Oublier les gens ou/et les situations pénibles. Une déception, un gros chagrin d'amour... On passe chez Lacuna et hop, c'est parti ! Définitivement.

Oui, mais... Mais quelle perte de temps, alors. Et quel vide.

Penser, après toutes ces années d'amour qui s'est décomposé jusqu'à totalement disparaître, qu'on n'a peut-être rien accompli dans sa vie. Parce que sans amour, peut-on s'épanouir ? « La vie ne vaut d'être vécue sans amour/et c'est vous qui l'avez voulu, mon amour » (Serge Gainsbourg, La Javanaise).

Michel Gondry, pour son deuxième film, nous propose un voyage formidable dans la mémoire. Nous suivons, avec anxiété, l'esprit de Joel qui lutte contre la disparition de ses souvenirs, pour ne jamais oublier son amour, son seul amour, son grand amour.

C'est une succession de fausses pistes qui nous est offerte. Sans cesse, Joel tente de s'échapper, mais sans cesse, la traque reprend et ses souvenirs s'estompent au fur et à mesure, le décor s'abimant comme l'amour qui est en train de mourir sous nos yeux.

Tout de même, quelle invention terrible. Si ce n'est pas explicitement dit, il s'agit tout de même d'un lavage de cerveau. Chaque personne participant - volontairement ! - à cette expérience se voit donner une espèce de nouvelle vie, qui, normalement, n'a plus aucun lien avec ce qui fut.

Mais là encore, le processus a ses limites. Et cette petite histoire banale - pour le scientifique Mierzwiak - devient le grain de sable qui paralyse toute la machine, remettant tout en cause, détruisant (inconsciemment, c'est le cas de le dire) cette belle (?) invention.

Mais est-ce vraiment le cas ?

Si le procédé de Lacuna est détruit, pourquoi terminer sur cette séquence dans la neige au bord de la plage ?

Et surtout, pourquoi cette boucle finale qui se répète, se répète, se répète...?

 

... Jusqu'à totalement disparaître, comme un souvenir qui se dissout dans le néant.

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