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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie musicale, #Alan Parker
Fame (Alan Parker, 1980)

Quatre ans.

C’est la durée de l’enseignement que reçoivent les élèves à  la Fiorello H. LaGuardia High School of Music & Art and Performing Arts de New York.

Ils dansent, chantent, jouent la comédie en rêvant d’un futur de star.

Mais il ne faut pas se leurrer, seule une infime poignée arrivera tout en haut, tandis que beaucoup galéreront, ou abandonneront.

 

C’est une très belle mise en abyme que signe ici Alan Parker, déplaçant sa caméra non pas de l’autre côté de l’écran, mais de l’autre côté de la célébrité. Nous suivons ici de jeunes gens pendant leurs quatre année d’études intensives, de l’audition d’entrée au spectacle de fin de cycle, juste avant de partir affronter le vrai public, celui qui juge et qui n’est pas souvent bienveillant.

C’est d’ailleurs le premier point expliqué à toutes ces stars en devenir : ce sera très dur, et beaucoup devront revoir leurs prétentions à la baisse voire tout laisser tomber.

Et bien sûr, chaque professeur de chaque discipline dispute aux autres sa matière comme la plus difficile (et donc la plus noble, mais ça, c’est de moi).

 

Dès les premières images, nous sommes dans l’ambiance, celle qui ne va nous quitter qu’une fois le rideau fermé, ou plutôt au noir final.

C’est une effervescence continuelle qui se nourrit des différents arts étudiés, où chacun se livre progressivement jusqu’à l’apothéose finale : une véritable communion musicale où chacun, au moins ce soir là, sera la reine ou le roi de la fête.

Mais pour y arriver, il faut plus trouver la recette chez Churchill (le 13 mai 1940) que chez Shakespeare, Bach ou Nijinski : « du sang, de la peine, des larmes et de la sueur. »

Si le sang n’est pas le plus visible, le reste l’est beaucoup, ce qui amène des situations qui n’ont rien de glorieuses, et virent même au sordide.

 

Cette école, pour prestigieuse qu’elle soit, accueille des jeunes gens de conditions et origines fort différentes : Leroy (Gene Anthony Ray) qui vient de Harlem et qui ne sait pas très bien lire ; Coco (Irene Cara), qui n’ose pas avouer d’où elle vient ou se fait berner par un prétendu casting ; Ralph Garci (Barry Miller), ou plutôt Raoul Garcia, un Portoricain qui vit avec sa mère et ses deux sœurs ; Doris (Maureen Teefey), juive et dominée par sa mère et qui rêve de sortir de ce son carcan… Et bien sûr, la gosse de riche, Hilary van Doren (Antonia Franceschi), mais qui est douée dans son domaine, la danse.

 

Pas étonnant alors qu’on voit les différents protagonistes en proie à des obstacles de la vie. Et Parker ne fait pas l’impasse sur cet aspect : le monde du spectacle est un monde où il faut laisser ses soucis en entrant, pour les retrouver quand on en sort. Mais ce qui semble acquis chez les stars reconnues ne l’est pas du tout pour ces apprentis.

C’est la sœur de Ralph, agressée par un junky, le ghetto de Leroy ou encore l’avortement inévitable si on veut percer jeune dans ce milieu. Ce dernier cas est l’un des moments forts du film, parce qu’on ne comprend pas tout de suite ce qu’il se passe : c’est un milieu où l’illusion est de mise, alors quand la réalité s’installe, elle prend une dimension plus dramatique.

Mais à mon avis, la scène la plus emblématique du film est celle qui voit Doris, Ralph et Montgomery (Paul McCrane) attablés quand le serveur vient prendre leur commande : ce serveur est un ancien de l’école, parti pour Hollywood son diplôme à peine obtenu et qui doit, pour survivre entre deux cachets, servir pour gagner sa pitance.

 

Et puis il y a la musique de Michael Gore, qui entraîne les différents protagonistes dans des numéros époustouflants, mettant en valeur la voix d’Irène Cara, mais pas seulement : c’est à chaque fois un grand élan de générosité qui nous ravit et nous emporte bien loin de toutes ces autres dimensions plus terre à terre que la vie « réelle » apporte.

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