Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Sidney Lumet, #Gangsters
Family Business (Sidney Lumet, 1989)

C’est avec un dépôt blanchâtre sur un parapet que commence le film.

Qu’est-ce ? Il faudra attendre la fin pour le savoir.

Entretemps, une affaire de famille (1) pas très régulière, mais surtout une rencontre au sommet entre trois stars du moment : Sean Connery, révélation des années 1960s ; Dustin Hoffman, des années 1970s et Matthew Broderick des années 1980s.

 

Ici, ces trois-là sont de la même famille (d’où le titre) : Sean Connery (Jessie McMullen) est le grand-père, Dustin Hoffman (Vito McMullen) le père et Matthew Broderick (Adam McMullen) le fils.

Quelle famille ! Et surtout quelle affaire de famille !

Le plus jeune propose à son grand-père un coup mirobolant : comment se faire un million de dollars (« 1.000.000 » écrit comme ça, c’est plus impressionnant) sans trop se forcer. Certes, c’est illégal, mais chez les McMullen, ce n’est pas un problème : le grand-père est une vieille connaissance de la police locale (New York) et son fils Vito a déjà goûté à la pension de l’Oncle Sam, alors…

Sauf que comme le braquage tourne mal – il fallait s’en douter – c’est le plus jeune qui trinque : Adam est arrêté et encourt la peine de 15 ans prison, de quoi célébrer avec un peu d’avance ses quarante ans lors de sa libération…

 

Si le braquage est le tournant du film, ce n’est pas dans sa conception ni sa réalisation qu’il faut trouver l’intérêt du film. En effet, la préparation se résume à une séance de courses dans un magasin de bricolage et le repérage à une négociation avec deux professionnelles. Négociations menées par Jessie, cela va de soi.

Bien entendu, avec une telle préparation, on ne peut que présager un braquage foireux ce qui sera le cas : le plus difficile étant de trouver la bonne salle contenant les produits à voler.

 

On peut dire que Jessie est la véritable âme de cette famille. Ce n’est pas une âme pure, loin de là, mais on ne peut qu’aimer un tel personnage. Pas étonnant que le jeune Adam en soit fou, au grand désarroi de son père qui ne rêve que d’une vie propre et rangée pour son fils.

Mais le problème, c’est que pas une seule fois il ne s’est demandé ce que voulait ce fils.

Cela entraîne un premier niveau de conflit entre le père et le fils, auquel s’ajoute un autre conflit entre ce même père et le sien !

 

Mais cette famille, c’est aussi le quartier où a vécu Jessie, où Vito a grandi et où Adam découvre ses membres truculents et très contrastés. On y trouve une colonie irlandaise avec ses membres des deux côtés de la loi – des policiers et des truands – et surtout une générosité et un sens du partage très prononcé. On trouve, entre autres parmi les « invités », un receleur qui propose quantité de choses « tombées du camion » et qui vend à tous sans distinction d’uniforme… Ainsi que des policiers avec qui Jessie a lié connaissance et qui sont loin d’être des étrangers : on le remarque quand Jessie est arrêté, car si l’inspecteur est zélé, le policier qui l’accompagne semble pour sa part navré d’en arriver là.

Et c’est pendant des obsèques que commence vraiment le film, là où les trois décident de monter le coup ; et c’est à une nouvelle cérémonie d’obsèques que le film se conclut, pendant que l’assemblée chante l’incontournable et traditionnel Danny Boy en hommage au défunt.

 

Entre les deux : des rapports familiaux compliqués – peut-il en être autrement avec deux anciens taulards ? – mais surtout des hommes pas si différents que ça mais qui n’ont jamais su se dire « je t’aime ».

Il faut dire que non seulement ils ont un passé carcéral lourd, mais en plus, ils présentent des particularités familiales fort étonnantes : Jessie, Ecossais arrivé à New York a épousé une Italienne (enfin une fille de famille italienne) ; Vito (qui tient son nom de sa mère donc) a lui épousé Elaine (Rosanna de Soto), une femme juive et se rend chaque année célébrer le Pessa’h dans sa belle-famille (2).

 

Bref, une comédie un tantinet nostalgique servie par des acteurs au meilleur de leur forme, et une rencontre Connery-Hoffman explosive pour notre plus grand plaisir.

A (re)voir.

 

 

  1. La traduction du titre original.
  2. Petit clin d’ œil à ce même Dustin Hoffman qui est juif.
Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog