Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Cape & épée, #Christian-Jaque, #Gérard Philipe
Fanfan la Tulipe (Christian-Jaque, 1952)

Ca bondit, ça chevauche, ça brette, ça douglasfairbankse presque ! Mais ce n’est pas Douglas Fairbanks, ce dernier étant mort treize ans plus tôt.

Non, c’est le grand Gérard Philipe – par la taille et le talent – qui interprète ce personnage légendaire, imaginé par le chansonnier Emile Debraux en 1819.

 

Nous sommes en pleine Guerre de 7 ans, Louis XV (Marcel Herrand) est roi de France et Fanfan court la gueuze : un mariage arrangé le fait s’enrôler dans les armées royales qui le mèneront à la gloire et l’amour avec la belle Adeline (Gina Lollobrigida).

Dès lors Fanfan va accomplir son destin (heureux) comme le lui a faussement prédit cette même belle Adeline.

Tout comme la chanson originelle, tout ceci n’est pas sérieux : le narrateur (Jean Debucourt), servi par les savoureux dialogues d’Henri Jeanson, accentuant l’aspect comique du film.

Et surtout, soixante-sept ans après sa sortie, le charme agit toujours.

 

Il faut dire que la présence de Gérard Philipe y est pour beaucoup : délaissant un temps les planches du Théâtre National Populaire, il  nous livre ici une interprétation haute en couleur (1) de Fanfan, qui restera – malgré Vincent Pérez et Penélope Cruz – la version de référence.

A ces côtés, on retrouve quelques visages connus dont bien sûr Noël Roquevert (Fier-à-Bras), éternel second rôle du cinéma français, et pour une fois sans moustache !

Et pour les femmes, les trois principales actrices – outre la belle Gina, on retrouve Geneviève Page (La Pompadour) et Sylvie Pelayo (Madame Henriette), elles sont aussi belles que talentueuses, même si Sylvie Pelayo a un rôle plutôt décoratif.

 

L’autre élément comique du film concerne l’armée, tournée en ridicule (n’oublions pas qu’en 1952, l’armée française est engoncée dans le conflit indochinois) pour le plaisir du spectateur.

Fier-à-Bras est un archétype de sergent aux méthodes aussi absurdes qu’inutiles, ce que comprend rapidement Fanfan, abandonnant les exercices imbéciles qui contente l’esprit un tantinet sadique qu’on retrouve chez le genre de sous-officiers représentés par Fier-à-Bras.

De plus, la présence de la femme (Georgette Anys) de Tranche-Montagne (Olivier Hussenot), une de ces cantinières qui accompagnaient les armées, et ses huit enfants, ajoute à la drôlerie, constituant une famille bien singulière pour Fanfan.

 

Il y a dans ce Fanfan un parfum nostalgique pour le spectateur que je suis (et que beaucoup d’autres sont), mais surtout le plaisir de retrouver Gérard Philipe, jeune premier éternel et disparu beaucoup trop tôt, il y a maintenant soixante ans.

De plus, cela nous ramène à une époque où un film en noir et blanc ne rebutait pas encore les (télé)spectateurs

On peut même regretter qu’avec la mort (foudroyante) de ce grand monsieur il n’ait pu interpréter d’autres rôles emblématiques du cinéma de capes et d’épées français : les différents assauts qu’on peut voir ici en laissant présager d’autres qui se déroulèrent dans la décennie suivante.

 

Nous reste alors son sourire un tantinet ironique et sa voix claire, et son destin tragique qui en fit une sorte de James Dean français (du point de vue du destin s'entend), longtemps admiré (avec raison) des jeunes filles françaises.

 

(1) Il était donc inutile d’en sortir une version colorisée (berk !).

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog