Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Espace, #Damien Chazelle
First Man (Damien Chazelle, 2018)

 

Tout commence en 1961, quand Neil Armstrong (Ryan Gosling) effectue un vol supersonique hors de l’atmosphère, avec les difficultés inhérentes à son retour sur terre. Et si ce vol ne fut pas complètement une réussite, cela ne l’empêcha pas de participer aux programmes Gemini puis Apollo qui avaient comme objectif le premier alunissage : ces messieurs de la NASA en avaient assez d’être à la traîne derrière les Russes dans la course à l’espace…

Nous assistons alors aux différentes étapes de ce challenge incroyable. Incroyable à un tel point que des gens aujourd’hui encore, plus de 52 ans après qu’il se soit déroulé, pense que tout a été monté de toute pièce.

Ce « premier homme », c’est donc Neil Alden Armstrong, celui qui posa le premier le pied sur la Lune, énonçant l’une des citations les plus connues depuis. Je vous en fais grâce, rassurez-vous.

 

Mais ce premier homme, s’il fut le premier, reste avant tout un homme. Et c’est ce que montre le film de Damien Chazelle, qui retrouve l’interprète principal de son film précédent. Et cette association est encore une fois gagnante, Gosling étant un Armstrong fabuleux, homme avant héros, comme l’illustre bien la conférence de presse qui précède la mission Apollo 11. Et Chazelle insiste sur l’aspect humain de cet homme devenu depuis le 20 juillet 1969, une légende mondiale (1). Et aidé de Linus Sandgren (lui aussi sur son film précédent, il va prendre le parti de rester très proche de son personnage principal, usant (et abusant ?) de la caméra sur l’épaule. Ce parti pris accentue la dimension humaine du personnage et si la prouesse reste gigantesque pour l’humanité, elle ne prend que très peu cet état, seulement quand on voit que l’événement fut suivi partout dans le monde (ou presque).

 

Utiliser la caméra sur l’épaule pendant presque tout le film a un côté parfois agaçant (2), mais elle fait partie d’un tout et se justifie une fois l’espace atteint : le calme s’installe alors et la caméra se stabilise, accompagné d’un silence incroyable qui tranche abruptement avec les secousses éprouvées le reste du temps.

Mais ce calme s’explique de deux manières :

  1. Le module s’est posé sur la Mer de la Tranquillité ;
  2. Son escapade lunaire est l’occasion de faire totalement le deuil de sa fille Karen (Lucy Stafford).

Et quand il revient, la caméra a fini de bouger et surtout tressauter. Même le décollage de la Lune s’effectue sur un plan fixe, avec aucun retour dans la cabine : cela aurait été en outre plutôt redondant, voir lourd.

 

Bien sûr, on pense à Kubrick et son 2001, a space Odyssey pendant le projet Gemini, surtout avec l’arrimage des deux parties de la fusée. Et la musique de Justin Hurwitz a le bon goût de ne pas reprendre Le beau Danube bleu : les images suffisent. Autre référence, le film de Philip Kaufman, The right Stuff. D’ailleurs, on retrouve les mêmes personnages, à un niveau moindre cela va de soi : c’est une autre génération d’explorateur qui est arrivée, même si peu d’années les séparent et que leurs progrès ont été contemporains, et que les dirigeants sont les mêmes !

 

Bref, Chazelle réussit son pari en nous retraçant cette conquête spatiale américaine, et ce malgré les images cent fois vues à la télévision ou ailleurs : on y croit encore une fois, et on applaudit à cet exploit hors du commun. Mais à la différence de Kubrick et Kaufman, Chazelle reste au niveau humain et ne s’en éloigne que pour mieux y retourner : (très) gros plans, caméras subjectives, visages incomplets où ne se voient que les éléments les plus importants…

C’est beau. C’est grand.

C’est du cinéma.

 

  1. Un mythe, bien entendu, pour ceux qui n’y croient pas…
  2. L’image est rarement table, la mise au point pas toujours nette, et toute cette sorte de choses…

 

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog