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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Irving Cummings, #Lon Chaney, #Comédie dramatique, #Muet
Cœur de Père (Flesh and Blood - Irving Cummings, 1922)

David Webster (Lon Chaney), avec l’aide de deux Chinois, s’est évadé. 15 ans plus tôt, il avait été condamné pour quelque chose qu’il n’avait pas commis. Alors qu’il se cache dans Chinatown, il rumine sa vengeance et veut retrouver sa femme et sa fille.

Sa femme est morte et sa fille s’occupe d’une mission dans les bas quartiers.

C’est sous les traits d’un invalide qu’il la retrouve et veille sur elle.

 

Lon Chaney dans un rôle de fugitif et qui crie vengeance tout en voulant veiller sur sa fille qui le croit mort : rien que de très normal pour cet acteur. Mais ici pas de maquillage (supplémentaire), c’est à visage ouvert qu’il évolue. Bien sûr, on n’est pas étonné de le voir jouer à l’estropié, et même : on n’attendait que ça.

Masi comme Webster n’est finalement que la victime d’une machination, il n’a pas beaucoup l’occasion de nous montrer son visage dur et mauvais, comme dans The Penalty deux ans plus tôt.

Ici, c’est plus un visage heureux qu’il nous montre, même s’il est un peu malheureux de ne pouvoir se faire connaître de sa fille. Quoi qu’il en soit, Webster appartient bel et bien à la grande famille Chaney, son handicap annonçant celui de Bisho dans The black Bird.

 

Mais si on se réjouit de retrouver Chaney, on peut regretter le rythme décidé par Irving Cummings dans cette histoire un tantinet mélodramatique.

En effet, la narration est très lente, parfois trop, et surtout le jeu d’acteurs est beaucoup trop figé.

Cette lenteur amène des longueurs qui ont tendance à nous faire décrocher. Ce qui est bien dommage, parce qu’il y avait autre chose à faire de cette intrigue de Louis D. Lighton.

 

En effet, en plus du personnage, on trouvait quelques éléments qui auraient pu donner un film beaucoup plus intéressant.

Chinatown, mélange d’exotisme et de mystère, est un lieu très souvent utilisé pour des intrigues criminelles voire violentes (1). On y retrouve une organisation au rythme ternaire qui est dirigée de main de maître par le mystérieux Li Fang (Noah Beery, le frère de) : rien de ce qui se passe dans son quartier ne lui est inconnu, et son système de surveillance est aussi très efficace.

Mais malheureusement pour nous, Cummings (et Lighton) ont ajouté une sous-intrigue concernant le policier Doyle (DeWitt Jennings) qui s’éloigne de l’intrigue principale jusqu’à devenir carrément inutile : l’interrogatoire de Li Fang sur un rocking-chair latéral n’a aucun lien avec ce qu’il se passe dans le même temps du côté de Webster, et on se demande bien si un balancement latéral est vraiment efficace pour recueillir des aveux.

 

De même, la résolution de la vengeance nous laisse sur notre faim, et surtout, on ne voit pas vraiment en quoi elle est résolue. Mais surtout, alors que Doyle est une de ses cibles, on ne comprend pas pourquoi il n’y revient plus, se contentant du banquier Burton (Ralph Lewis), véritable coupable de son incarcération.

Certes le fait que Burton Jr (Jack Mulhall) soit amoureux de la fille de Webster – surnommée the Angel Lady (Edith Roberts) – explique en partie cette résolution bancale.

 

Quant à la fin, je reste mitigé : certes, Webster n’a aucun avenir avec les futurs mariés, mais doit-il vraiment retourner en prison ?

La prison devient alors le paradis qui accueille l’âme apaisée de Webster : les portes qui s’ouvrent seules dès son arrivée ne sont pas celles gardées – dit-on – par saint Pierre.

Et si on songe immédiatement à une rédemption (toujours pour la même raison), on se demande tout de même pourquoi un homme innocent doit retourner en prison.

Dommage, donc.

 

 

(1) Même dans The Cameraman, Chinatown est le théâtre d’une guerre de clans (triades ?).

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