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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Robert Zemeckis, #Comédie dramatique, #Tom Hanks
Forrest Gump (Robert Zemeckis, 1994)

« La vie c’est comme une boîte de chocolats : on ne sait jamais ce qu’on va avoir. »

Cette phrase pleine de sagesse (?), c’est celle que la maman de Forrest Gump (Tom Hanks) a prononcée pour lui expliquer la vie. Il faut dire que la vie de Forrest est très particulière : Forrest est un enfant différent. Différent parce que son QI n’est pas aussi élevé que ceux des autres enfants, ceux qui sont normaux.

Qu’importe : si la vie est une boîte de chocolats, ça doit être une très belle marque, parce qu’il la conduit naturellement, et elle devient alors très belle.

L’autre réplique, c’est bien sûr « Cours, Forrest, cours ! ». Et courir, c’est peut-être ce qu’il fait le mieux, dès l’enfance, afin d’échapper aux autres enfants qui se moquent de lui.

Courir, c’est aussi ce qui le sauve au Vietnam et lui permet même d’en sauver d’autres.

 

Mais Forrest Gump, ce n’est pas seulement une boîte de chocolats et une paire de tennis.

C’est avant tout un témoin de l’Amérique des années 1950s jusqu’aux années 1980s. C’est un témoin objectif, parce qu’il n’attend rien de la vie, il prend ce qu’elle lui amène, comme l’a prévenu sa maman (Sally Field).

Et il s’en passe des choses : les présidences de Kennedy, Johnson, Nixon, Ford, Carter et Reagan ; la Guerre du Vietnam ; les mouvements de protestations contre la Guerre du Vietnam ; quelques assassinats célèbres et un nombre incalculable de rencontres qui ont un impact aujourd’hui encore !

 

Oui, c’est trop beau pour être vrai ! Mais c’est justement pour ça que ce film l’est, beau. Tom Hanks interprète l’un des rôles les plus sympathique de sa carrière, cet homme un peu bébête qui est le spectateur de tous ces changements dans la société américaine, mais qui semble aussi spectateur de sa propre vie.

A ses côtés – de temps en temps – on retrouve Robin « Buttercup » Wright dans le rôle de Jenny, sa plus vieille amie, rencontrée sur le (premier) chemin de l’école : la seule qui accepta qu’il s’installe près de lui dans le bus.

Et alors que Forrest se laisse emporter par sa vie qui se déroule, Jenny agit sur la sienne, expérimentant les différents modes de vie de la fin des années 1960s jusqu’au début des années 1980s : musique, amour libre, drogues…

 

Quand ils se retrouvent – définitivement – tous les deux ont vécu pleinement cette vie qui s’était offerte à eux. Mais s’ils en sont sortis vivants, ce n’est pas dans le même état. Dernier avatar de Jenny, alors que les années Reagan se passent, elle attrape un virus que les médecins n’arrivent pas à comprendre mais que les spectateurs de 1994 (vingt-cinq ans déjà !) comme ceux d’aujourd’hui peuvent nommer : le terrible VIH.

Et si nous sommes tristes de l’issue inévitable pour Jenny, Robert Zemeckis filme avec beaucoup de finesse et de subtilité les émotions qui étreignent Forrest, nous les partageant avec la même délicatesse de Chaplin quand il ouvre The Kid, soixante-dix ans plus tôt.

ON sourit beaucoup, mais on chasse une petite larme dans le coin de l’œil alors que Forrest Gump Jr. (Haley Joel Osment dont c’est la première apparition au cinéma) entre dans le bus conduit par la même Dorothy Harris (Siobhan Fallon Hogan*) que quand son papa est allé pour la première fois à l’école.

 

Au final, c’est un film qui se regarde avec toujours plus de plaisir à chaque nouveau visionnage. Zemeckis – je le répète – présente ses personnages avec beaucoup de finesse et de délicatesse (surtout Forrest, bien sûr) : mais il faut dire aussi que ses différents interprètes – n’oublions pas Gary Sinise (le lieutenant Dan Taylor) – jouent avec beaucoup de justesse cette fable sur la différence où justement, c’est parce qu’on est différent qu’on est aussi comme les autres. Et n’oubliez jamais que c’est de la différence que naît la richesse.

 

PS : J’oubliais (encore une fois). Les différentes séquences d’actualité retouchées avec à chaque fois Forrest Gump côtoyant des personnalités emblématiques sont absolument bluffantes et amènent plus d’une fois le sourire : les réflexions des deux présidents ou les remarques de John Lennon ; ou encore ses attitudes et paroles qui expliquent certains événements et faits de société – Watergate ; « shit happens (etc.) ». Du bel ouvrage.

 

 

* Grande amie de la regrettée Mary Ellen Trainor (1952-2015) qui apparaît aussi dans le film : elle ramène Junior à sa maman. [NB : c’était aussi Mrs Zemeckis à cette époque]

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