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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Cecil B. DeMille, #Aventures
Four frightened People (Cecil B. DeMille, 1934)

Alors qu’on envoie par le fond un marin mort de la peste bubonique, quatre passagers s’échappent à bord d’une chaloupe rudimentaires : le chimiste Arnold Ainger (Herbert Marshall), le reporter Stewart Corder (William Gargan), la riche oisive à chienchien Mrs Mardick (Mary Boland) et la professeure Judy Jones (Claudette Colbert).

Mais alors que les trois premiers se sont entendus pour s’échapper, il n’en va pas de même pour la jeune femme qui fut emmenée contre son gré.

Ces quatre personnes se retrouvent alors en pleine jungle malaisienne, conduites par Montague (Leo Carillo), un guide original qui porte cravate anglaise sur son torse nu.

Ce sont elles, ces quatre personnes qui ont peur comme nous le dit le titre.

 

Alors que la MGM engrange de fabuleuses recettes suite au premier Tarzan et qu’un nouvel épisode va sortir trois mois plus tard, que la RKO a présenté l’année précédente l’incroyable King Kong, il était temps que la Paramount propose à son tour quelques aventures exotiques. C’est donc Cecil B. DeMille, réalisateur vedette qui s’y met et nous propose cette aventure extraordinaire de gens plutôt ordinaires (1). Et quinze ans après Male and Female, il retourne dans une île où sont d’une certaine manière prisonniers quatre ressortissants américains loin de tout : de la mer, des hommes, de la civilisation.

Mais encore une fois, si ces gens sont loin de tout, les codes sociaux ont tout de même tendance à résister, les fréquentations inter-classes n’étant pas toujours de mise. C’est pourquoi dans la première partie, Judy, simple enseignante, est à peine considérée, voire rabrouée à chaque initiative.

 

Mais encore une fois chez DeMille, cette femme effacée va se révéler et faire marcher son monde à la baguette : alors que Mrs Mardick est emmenée par des indigènes, elle se retrouve seule femme avec ces deux mâles (2), qui découvrent, alors qu’elle se baigne sous une cascade, que cette jeune femme n’est pas si insignifiante que cela… Et surtout qu’elle possède certains arguments invisibles au premier contact…

Et comme c’est Claudette Colbert, on sait bien que révéler ses charmes n’était pas un grand problème pour elle : le film suivant de Cecil B. (3) la verra à nouveau peu vêtue…

Et quand le film sort, le Code Hays n’est pas encore entré en vigueur.

 

Si nous sommes dans une comédie (entendre : une histoire qui se termine bien), nous sommes bien loin de Male and Female, si ce n’est une libéralisation des mœurs. Tout comme Crichton (Thomas Meighan) était attiré par sa patronne Mary (Gloria Swanson), rompant alors les convenances sociales de la grande ville, Ainder est attiré par Judy alors qu’il est marié par ailleurs. A nouveau les liens se relâchent : la chair est faible, que voulez-vous.

Mais une fois le retour à la civilisation effectué, ce couple ne peut plus exister et le dilemme se posera pour le chimiste, qui devra choisir : l’épouse qui l’a attendu (pas très) patiemment, ou l’amante avec qui il a vécu des moments forts (il a même reçu une flèche dans le bas du dos (4). Cela nous donnera une dernière occasion de (sou)rire : le programme des différentes stations de radio.

 

Bien sûr, Claudette Colbert est magnifique dans ce rôle de femme qui se révèle : aux autres mais surtout à elle-même. Et c’est quand elle casse ses lunettes qu’elle ouvre enfin les yeux ! Et dans le même temps, les deux hommes eux aussi les ouvrent : comment ont-ils pu être si aveugles pendant tout ce temps ?

Mais cette révélation n’est possible que grâce à l’autre femme : Mrs Mardick se « sacrifie » pour les autres et accepte de suivre un chef indigène (Tetsu Komai). Et Mary Boland interprète certainement le personnage le plus comique du film, amenant même une révolution dans la tribu où elle est emmenée. Et ce rôle comique était de toute façon annoncé dans la présentation des personnages, au tout début du film, à la façon des films muets : un petit intertitre de présentation suivi d’un plan de chaque protagoniste.

 

DeMille dose avec son habileté coutumière tous ses ingrédients pour faire de ce film un succès – avec surtout les scènes déshabillées qui vont beaucoup plus loin que dans King Kong – mais cet avantage prendra fin quand trois mois plus tard va sortir Tarzan et sa Compagne, dernier  film à présenter aussi ouvertement la nudité, dans un ballet aquatique des plus subtils.

 

 

  1. Encore que. DeMille est bien connu pour ses comédies avec des personnages un tantinet aristocratiques.
  2. Terme on ne peut plus pertinent.
  3. Cleopatra (1934). Rappelez-vous aussi The Sign of the Cross (1932)
  4. Pas trop bas !
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