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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Bill Paxton
L'Emprise (Frailty - Bill Paxton, 2001)

Ca commence la nuit (1), au siège du FMI de Dallas (Texas).

L’agent Doyle (Powers Boothe) s’entretient avec un homme qui lui dit savoir qui est le tueur en série qu’il recherche : son propre frère.

Il va lui révéler comment tout en est arrivé là, à partir d’une vision de son père (Bill Paxton), une vingtaine d’années plus tôt. Cette vision lui donnait l’ordre de débarrasser la terre des démons qui y vivaient, et ce de la manière forte. Si son plus jeune fils Adam (Jeremy Sumpter) accepte sans hésiter le délire de son père, il n’en va pas de même pour Fenton (Matt O’Leary) qui ne voit dans cette opération qu’une série de meurtres injustes.

Et ce soir, c’est Fenton (Matthew McConaughey) qui est venu tout confesser et désigner son propre frère (Levi Kreis).

 

Fragilité ou faiblesse, telle pourrait être la traduction du titre originale. Cette faiblesse, c’est celle de Fenton face à son père et surtout son refus d’entrer dans le délire meurtrier de ce dernier.

Masi ce film est avant tout un film d’ambiance. Nous sommes dans l’horreur mais une horreur presque aseptisée : la présence des deux enfants contraint Paxton à ne pas trop en montrer quand ils sont présents. Mais cela n’empêche pas le sang de couler, surtout quand il n’y a que des adultes. Par contre, les différents impacts d’armes ne sont pas visibles : on ne voit que leurs effets, et encore, pas beaucoup.

 

On sent bien que Bill Paxton a révisé Hitchcock avant de commencer à tourner : on retrouve le même souci d’atmosphère que celui du maître du suspense pour Psycho. Bien sûr, on n’arrive pas au même niveau que l’original (2) mais l’utilisation de la musique de Bryan Tyler et le parti pris de la pénombre donnent à ce film une atmosphère de terreur qui rappelle ce que fit Hitchcock quarante ans plus tôt.

Et ça marche bien, les effets sanguinolents n’étant pas trop forts (malgré la couleur) et les occasions de faire sursauter le spectateur ne sont pas systématiques.

 

Etrangement, alors que Bill Paxton était avant tout un acteur, on ne retrouve pas la constante habituelle qui veut que les acteurs s’en donnent à cœur joie et réalisent quelques prouesses : le jeu des différents interprètes reste tout à fait sobre. Il faut dire que l’ambiance mortifère et d’épouvante ne prête pas trop à des excès : dans le cinéma d’horreur, plus on en fait, moins cela fonctionne.


On se retrouve alors avec un « petit » film (3) plutôt bien réalisé (le premier des deux longs métrages de Paxton) où on note aussi un souci de la transition : on passe d’une époque à l’autre de manière douce, quand ce n’est pas la voix de Matthew McConaughey qui nous ramène au présent de l’intrigue, là où va se résoudre cette intrigue fort bien ficelée : nous avons même droit à un retournement pas si prévisible que cela…

On pourra toutefois regretter certains effets spéciaux à l’ancienne, alors que les effets numériques sont en plein essor à cette période (4). La vision de l’ange par le père alors qu’il est sous la voiture a vraiment pris un coup de vieux, et surtout, elle donne une impression inutilement grandiloquente.

 

Reste un bon film d’un réalisateur occasionnel qui est, comme toujours, parti trop tôt.

 

  1. Ces films-là commencent toujours la nuit.
  2. A aucun moment il ne s’agit d’une copie ou d’une tentative de surpasser le grand Hitch.
  3. Petit pour son impact, du fait d’une réception mitigée du public.
  4. Ils sont alors au service de l’intrigue et plus des prétextes à des films spectaculaires mais vides (cf. Deep Impact…)
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