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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Richard Attenborough, #Biopic
Gandhi (Richard Attenborough, 1982)

Un jeune homme s’avance dans la foule. Il guette quelques signes dans la foule : il est suivi par ses complices qui l’approuvent.

Soudain le voilà, pénétrant la foule jusqu’au jeune homme.

Un signe est échangé et l’homme se jette aux pieds du vieillard. Il se relève, le pistolet à la main : le vieil homme n’a rien d’autre que « oh, mon Dieu ».

Mohandas Karamchand Gandhi (Ben Kingsley) a été assassiné.

A son enterrement, tous ceux qui ont compté dans sa vie et pour lesquels il a compté sont là, sauf sa femme qui est morte quatre ans plus tôt.

 

Retour en arrière, en 1893, en Afrique du Sud, dans un train : le jeune Gandhi rentre chez lui. Mais il est (presque) aussitôt jeté hors du train : on ne mélange pas les couleurs de peau, dans ce pays.

Ce traitement peu humain est le point de départ d’une longue lutte qui mènera à l’indépendance de l’Inde, quelques mois avant mort de Gandhi.

 

Richard Attenborough nous propose ce qu’on pourrait appeler le film de sa vie : cette biopic (comme on ne disait pas encore à l’époque) est une fresque extraordinaire de l’histoire du Mahatma. On sent l’implication du réalisateur dans cette production colossale.

Mais surtout, ce film a révélé un immense acteur : Ben Kingsley (1).

Il n’interprète pas Gandhi, il EST Gandhi. Sa ressemblance est bluffante : on oublie très rapidement que ce petit bonhomme est in acteur, tant le jeu de Kingsley est phénoménal.

 

Mais ce n’est pas tout : les différents protagonistes ont été choisi avant tout pour leur physique : Roshan Seth et Alyque Padamsee – respectivement Nehru et Jinnah – sont eux aussi très ressemblants.

D’une manière générale, la reconstitution des lieux et des luttes engagées est absolument magnifique, amenant un réalisme assez impressionnant : on a la véritable impression de vivre le parcours de Gandhi.


En face de lui, on trouve une Angleterre aveugle et sourde aux doléances légitimes des Indiens. Ce sont des militaires qui se succèdent, de l’Afrique du Sud à l’Inde, avec toujours cette rigidité que leur fonction exige, allant jusqu’à fusiller des centaines de personnes pour faire respecter l’ordre.

On sent en eux l’arrogance envers les colons, cette arrogance qui les fait se considérer comme les plus évolués mais qui tuent comme de véritables barbares.

On y retrouve toute cette engeance propre sur elle et méprisante, qui garde sa lèvre supérieure bien rigide. Il ne manquerait plus que John Gielgud, mais – heureusement – il est là, du mauvais côté cette fois-ci, mais pouvait-il en être autrement ?

 

Finalement, ce sont un peu plus de trois heures qui s’écoulent naturellement, le personnage principal étant devenue une icône mondiale, respecté dans le monde entier pour sa lutte non-violente. Mieux, Martin Luther King utilisera les mêmes armes pour l’égalité des droits aux Etats-Unis, avec un destin similaire, vingt ans après le Mahatma.

 

Pour toutes ces raisons, il me semble que ce film restera comme le plus important de son réalisateur.

Mais je peux aussi me tromper.

 

P.S. : on peut reconnaître, au détour d’une ruelle un jeune acteur – 24 ans quand le film sort – qui fera bientôt parler de lui : Daniel Day-Lewis.

A noter aussi que Roshan Seth  (Nehru) et Amrish Puri (Khan) se retrouveront – du mauvais côté à leur tour – dans Indiana Jones et le Temple maudit.

 

(1) Ce n’est que son deuxième film, mais il a beaucoup tourné pour la télévision.

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