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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Ruben Fleischer, #Gangsters
Gangster Squad (Ruben Fleischer, 2013)

Los Angeles, 194…

Mickey Cohen règne en roi de la pègre depuis longtemps. Trop longtemps pour le chef Parker (Nick Nolte), qui met en place officieusement une escouade de policiers au-dessus des lois, dirigés par le ténébreux John O’Mara (Jos Brolin).

 

Il s’agit d’une histoire presque vraie, inspirée d’une partie de la vie de Mickey Cohen. En vrai, il tombe pour fraude fiscale. Ici, c’est pour meurtre. Normal, c’est plus spectaculaire, et puis nous sommes au cinéma.

Et je dois avouer qu’il n’y avait pas besoin de rajouter dans le spectaculaire pour son arrestation, le reste suffisait.

 

Nous sommes à une période où les relations entre la police et la pègre sont régies par une espèce de code de l’honneur, ce qui n’empêche pas certains policiers de manger à tous les râteliers, laissant les mains libres à Mickey.

Et ce dernier met à profit cette liberté de mouvement pour élaborer des systèmes de plus en plus évolués pour gagner de l’argent. Toujours plus.

 

Et c’est là qu’intervient le fameux Gangster Squad, mené par O’Mara et constitué de quelques policiers triés sur le volet : des fines gâchettes – Kennard (Robert Patrick) & Ramirez (Michael Peña) –, des techniciens  - Keeler (Giovanni Ribisi) aux télécoms et Harris (Anthony Mackie) au couteau, et un séducteur – Wooters (Ryan Gosling).

C’est une équipe efficace qui contrecarre finalement les plans du truand, mais c’est tout de même la façon qu’ils ont d’y arriver qui prête à discussion. A-t-on le droit d’utiliser les mêmes armes que son adversaire ? Et surtout, peut-on d’un côté servir la loi et de l’autre la violer pour arriver à ses fins ?

C’est une question qui n’est jamais posée pendant le film ou si peu que ça ne vaut presque pas la peine d’en parler. Et pourtant le propos est là : ces hommes ne sont finalement pas mieux que ceux qu’ils combattent.

 

C’est un déferlement de violence où on perd rapidement le compte des personnages tués. Il faut dire que la séquence d’ouverture nous présente Mickey Cohen pour ce qu’il est : une véritable ordure, prêt à tout pour s’imposer dans L.A. A ce triste individu, Ruben Fleischer oppose John  O’Mara, qui s’il ne tue pas encore ses adversaires, n’hésite pas non plus à utiliser la violence pour arriver à ses fins.

 

Et il en ira ainsi pendant tout le film : c’est un véritable déluge de balles que viennent ponctuer quelques séquences un tantinet plus calmes, toujours en présence d’une des deux femmes du film : Grace Faraday (Emma Stone) et Mrs. Connie O’Mara (Mireille Enos), la femme de.

Ce n’est pas un hasard si ces deux femmes font (presque toujours) s’arrêter les armes. Ce sont d’ailleurs les seules qui parlent raisonnablement – avec Wooters un peu, mais ce dernier se laisse tout de même entraîner par cette escalade de la violence.

 

Oui, ce film est violent. Mais il est violent avec les artifices et le traitement de cette même violence qu’on en faisait en 2012 et aujourd’hui encore. N’oublions pas que 80 ans plus tôt, Howard Hawks nous proposait un autre film déjà très violent pour son époque : Scarface. Il est à parier que ce même Hawks aurait pu tourner cette histoire*.

 

Alors oui, Josh Brolin n’a pas un visage très expressif : il est toujours efficace, dans son jeu comme dans son rôle. C’est chez les autres qu’il faut trouver l’humanité qui semble lui manquer. On trouve chez chacun d'eux  un élément qui le rend presque touchant, loin de cette violence (toujours elle) qui les habite et devient leur raison d’être et de vivre.

Et c’est peut-être là qu’il faut trouver le talent de Fleischer qui sait tourner les scènes d’action avec efficacité (lui aussi) et dégager quelques moments plus calmes, où les divers personnages redeviennent ce qu’ils n’ont jamais cessé d’être.

Sauf Mickey, bien sûr, campé par un formidable Sean Penn : un ancien boxeur peu épais mais tout en muscles, et véritable salaud du début à la fin.

 

Une mention spéciale enfin sur la recréation du L.A. d’après guerre (années 1950s), avec costumes, chapeaux et belles voitures, ces dernières donnant lieu à une très belle poursuite.

 

 

* L’influence des trois grands de cette période en matière de films de gangsters – Hawks, William Wellman & Mervyn LeRoy – est tout de même bien évidente.

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