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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Charles Vidor
Gilda (Charles Vidor, 1946)

Buenos Aires, 1945.

Johnny Farrell (Glenn Ford), infatigable joueur (et par là même un tantinet tricheur...) vient de débarquer.

Et si le secret du succès, c'est d'être au bon endroit au bon moment, alors Johnny n'a aucune chance : Il n'est ni au bon endroit, ni au bon moment.

Et pourtant : c'est là qu'il rencontre Ballin Mundson (George McReady) qui lui sauve la vie ; là que Mundson l'embauche dans son casino dont il va vite devenir le gérant ; là qu'une vie aisée s'offre à lui.

Mais c'est là aussi qu'il rencontre Gilda (Rita Hayworth). La femme de Mundson.

Elle est belle. Elle est sensuelle. Elle fut à lui. Avant. Dans une autre vie...

 

Elle est belle. Elle chante. Elle est tout de noir vêtue. Elle porte de longs gants, noirs eux aussi, qu'elle enlève avec sensualité... Un nouveau mythe cinématographique vient de naître.

Il faut attendre le dernier quart d'heure pour la voir enfin dans sa robe noire, gantée de noire et chanter Put the Blame on Mame. Mais au vu du résultat, l'attente n'est qu'un détail. Elle a beau être doublée (par Anita Ellis) à ce moment là, le charme agit totalement. La pâleur de sa peau contraste avec le noir de sa robe, lui conférant une virginité virtuelle (elle est mariée, ne l'oubliez pas). Cette innocence virginale s'effaçant quand doucement elle ôte son gant droit...

Nous sommes dans un film noir. Noir comme les âmes des protagonistes, noir comme la photographie de Rudolf Maté, qui joue avec la pénombre avec beaucoup de maîtrise. Ce sont régulièrement des prises en contre-jour où des visages dans l'ombre qui donnent à ce film une dimension inquiétante tout du long. Même les premiers échanges visuels entre Gilda et Johnny sont noirs : se retrouver dans cette situation est inattendu et dérangeant.

S'ensuit un pas de deux entre Gilda et Johnny pendant lequel la haine et l'amour se mêlent intimement vers un dénouement qui ne peut pas être heureux. L'amour et la haine sont deux sentiments très forts, mais aussi très proches : on ne peut haïr que ce qu'on a aimé. Et vu le degré de haine que transmettent les deux protagonistes, on se dit qu'ils se sont énormément aimés...

En parallèle de cette histoire d'amour/haine, une intrigue autour d'intérêts financiers avec un élément politique très actuel (en 1945-46) : la fin de la guerre contre l'Allemagne est célébrée au casino, bien entendu, mais deux curieux personnages font leur apparition dans cette Argentine bien éloignée de l'Europe. Ce sont deux Allemands dont les liens avec l'ancien régime nazi ne sont pas occultés. Sont-ils des criminels de guerre ? On ne le saura pas, et ce n'est pas le propos du film. Mais il est étonnant de voir que six mois plus tard, Hitchcock propose une autre histoire qui se passe en Amérique du Sud (Brésil, cette fois-ci), où certains protagonistes sont bel et bien des anciens criminels de guerre nazis (Notorious)...

 

Mais revenons à Rita Hayworth. Sa silhouette, sa voix juste assez grave pour être sensuelle font d'elle une Gilda inoubliable.

Un sex-symbol est né.

Près de dix ans après, une autre bombe sexuelle va s'imposer. Elle aussi aura une silhouette inoubliable et saura chanter : Marilyn Monroe.

Mais, là encore, c'est une autre histoire...

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