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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Gus van Sant
Will Hunting (Good Will Hunting - Gus van Sant, 1997)

Will Hunting est un garçon très simple : il fait le ménage au MIT (Massachusetts Institute of Technology), sort le soir se saouler avec ses copains, et drague les filles quand l’occasion se présente.

Mais derrière cette vie insouciante se cache un secret : Will est surdoué. En plus ‘une mémoire prodigieuse, il possède le génie des mathématiques, ce qui lui fait répondre aux différentes colles que pose Gerald Lambeau (Stellan Skarsgård), médaillé Fields, à ses élèves.

Mais la vie simple de Will est aussi constituée de violence et c’est pour voie de fait qu’il est jugé, risquant la prison.

Lambeau va alors prendre en main Will et lui éviter le séjour à l’ombre. Il devra faire des maths avec lui (jusque là, tout va bien) et suivre une thérapie. Mais cette dernière condition se révèle la plus difficile : Will refuse et use les psys les uns après les autres, jusqu’à ce que Lambeau fasse appel à un vieux copain de fac : Sean Maguire (Robin Williams).

 

Encore un film avec des bons sentiments, allez vous peut-être me dire. Oui. Mais ce n’est pas rédhibitoire pour avoir un bon film. La preuve !

Ce film, réalisé par Van Sant, est avant tout une brillante idée de deux acteurs encore peu célèbres quand il sort en décembre 1997. Matt Damon et Ben Affleck (Chuck, le meilleur ami de Will) ne sont pas les stars reconnues aujourd’hui, ce qui leur permet cette liberté par rapport à l’intrigue. De plus, ils se créent un répertoire, épaulés par quelques noms : van Sant tout d’abord, et Robin Williams qui marche allègrement dans cette aventure humaine.

Et si Ben Affleck dut attendre encore un petit peu avant de devenir celui qu’on célèbre aujourd’hui, pour Matt Damon, ce fut la révélation de l’année.

 

Il est clair que cette intrigue singulière allait intéresser Gus van Sant, où Will Hunting est, malgré son génie, un marginal en quête de sensations fortes, sans cesse dans la fuite en avant, refusant un quelconque engagement.

Et Matt Damon, incarne très bien ce jeune homme qui a peur de l’avenir, préférant végéter plutôt que s’engager : professionnellement, amoureusement et d’une certaine façon, socialement. Sa meilleure défense contre l’extérieur, c’est son verbe : sa grande intelligence lui a permis d’ingurgiter de très nombreux ouvrages dans différents domaines – arts, Droit, maths (bien sûr) etc. – et lui sert à se cacher voire se réfugier. A chaque comparution (nombreuses, Will et ses copains ne sont pas des tendres), il fait un discours qui embobine le juge et lui permet de s’en sortir.

Mais cette fois-ci, le juge fait la sourde oreille et c’est tant mieux : nous allons pouvoir avoir le déséquilibre qui manquait afin de lui permettre de grandir.

Evidemment, on pense à la rédemption, mais ce n’est pas aussi évident que d’habitude, la dimension mystique n’étant pas vraiment là.

 

Et au final, c’est un film un tantinet initiatique qui nous est proposé, Will oscillant sans cesse entre sa vie simple et confortable (1) et de nouvelles expériences qui feront de lui un homme, en opposition à l’enfant qu’il est comme le qualifie Sean, son psy opiniâtre.

Et bien sûr, nous aurons une fin heureuse, mais là encore tout est dans la manière d’y arriver et le jeu des différents interprètes est primordial, de Matt Damon à Robin William en passant par Stellan Skarsgård et Minnie Driver (Skylar, la petite amie de Will), sans oublier le catalyseur Chuck qui sera le dernier adjuvant de Will pour accéder au statut d’« homme ».

25 ans (presque) après sa sortie, le plaisir et l’émotion sont intacts et un film où Robin Williams est tout en sobriété dans son jeu est aussi une bonne raison de le voir.

 

(1) On parlerait aujourd’hui de « zone de confort » !

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