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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #John Sturges
Règlement de comptes à OK Corral (Gunfight at the OK Corral - John Sturges, 1957)

Dix ans après John Ford (1), c’est à John Sturges qu’il incombe de retracer un événement des plus célèbres de l’Ouest : l’affrontement à coups d’armes à feu de Tombstone (Arizona).

On y retrouve les trois frères Earp mais cette fois-ci sans les moustaches. Seul Doc Holliday (Kirk Douglas) est affublé de cet attribut pileux.

Pour le reste, on reprend la même intrigue et on y ajoute une pincée de couleurs.

 

Si le film de Ford mettait surtout en avant Wyatt Earp (Henry Fonda), ici, Earp (Burt Lancaster) partage l’affiche avec Holliday. On y retrouve la même amitié même si elle ne se traduit pas par les mêmes actions, et on laisse une grande place à la légende (2) et au whisky !

C’est fou ce que Doc Holliday peut ingurgiter. Mais pas seulement lui. Alors que l’explication finale a lieu dès le lever du soleil, Wyatt Earp a lui aussi déjà ingurgité au moins un verre d’alcool, qui n’est pas obligatoirement distillé de la manière écossaise officielle…

Autour d’eux, on retrouve deux femmes : Big Nose Kate (Jo van Fleet, magnifique) qui fait l’aller-retour entre Doc Holliday et Johnny Ringo (John Ireland) ; Laura Denbow (Rhonda Fleming), joueuse professionnelle qui tape dans l’œil du célèbre marshal.

 

Ces femmes ne sont pas seulement des figurantes, et si Kate a plus de poids que Laura, c’est avant tout du fait du caractère complexe de Doc Holliday. Kate est ici une femme torturée par son amour et le traitement qu’elle subit de la part de Doc. Ses escapades avec Ringo ne sont pas exceptionnelles : c’est déjà arrivé avant, et si elle va plus ou moins revenir vers Holliday, c’est avant tout parce que Ringo ne sera plus là pour la récupérer.

La sous-intrigue qui lie ses trois personnages est traitée de façon beaucoup plus noire que ne l’avait fait Ford. On retrouve sur certains points le véritable Holliday, dont la légende se trouve alors un tantinet ternie. Les différentes mises en garde à son propos sont des plus pertinentes tant ce personnage était quelqu’un de peu fréquentable.

Et Kirk Douglas compose un visage des plus menaçants voire dangereux à l’occasion : une figure des plus tourmentées qu’on a pu voir dans d’autres films dans lesquels il a pu tourner.

 

Quant à Laura, elle est très loin de la pure Clementine Carter (Cathy Downs) pour laquelle Earp avait des sentiments. Tout comme Big Nose Kate, elle a un passé trouble : les joueurs qui gagnent tout le temps à cette époque avaient une tendance à mourir prématurément contre des perdants soupçonneux et surtout vexé&s d’avoir été ratissés, qui plus est par une femme.

A ces deux femmes s’ajoute la plus malheureuse des trois : Mother Clanton (Olive Carey, la femme d’Harry), qui après avoir perdu son mari dans un affrontement du même genre, va perdre ses fils lors de la bataille.

 

Et puis il y a l’explication finale : tout aussi meurtrière que chez Ford, elle prend elle aussi des libertés quant à la vérité historique. Mais peu nous importe, nous sommes dans cet âge d’or du western et le camp du Bien l’emporte sur les forces du Mal. Mais là où est la pertinence du titre français, c’est dans le pluriel des règlements de compte. Si les Earp s’expliquent avec les Clanton & associés, on assiste en même temps au solde de la relation entre Doc Holliday et Johnny Ringo. Les Earp et Clanton n’interviendront pas dans cette autre opposition, par forfait pour les Clanton (il n’en reste plus un seul debout), et parce que Doc a demandé aux autres de le lui laisser.

Le tout, bien sûr, au soleil !

 

On peut – comme moi – préférer la version Ford à celle de Sturges. Mais on ne peut pas douter de ses qualités. Si Earp est un personnage plus lisse chez Ford, c’est Doc Holliday qui bénéficie d’un traitement plus développé. Sa maladie (tuberculose ?) prend une plus grande place et nécessite la présence de Kate, ce qui rend encore plus important ses escapades avec Ringo. Et le choix de Jo van Fleet (41 ans pendant le tournage) ajoute dans le réalisme de l’intrigue : ce n’est pas une jeune pouliche farouche comme peut l’être la belle Chihuahua (Linda Darnell).

 

A noter enfin la présence de jeunes acteurs peu connus encore à l’époque : Jack Elam (Tom McLowery) et son regard caractéristique ; Lee van Cleef (Ed Bailey) qui n’est pas encore Liberty Valance, et encore moins Sentenza ; et le jeune Dennis Hopper (Billy Clanton), qui reprend le rôle qu’interprétait John Ireland dans la version de Ford.

 

PS : il s’agit de la troisième adaptation de cette bataille, John Sturges tournera une sorte de suite (3) reprenant l’histoire là où il la termine ici. Ce sera 10 ans plus tard, mais avec d’autres acteurs pour les rôles principaux.

 

  1. A peu près…
  2. A ce propos entre la réalité et la légende, je vous renvoie à L’Homme qui tua Liberty Valance (1962).
  3. Sept Secondes en enfer (Hour of the Gun, 1967).
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