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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #John Ford
La Maison du bourreau (Hangman's House - John Ford, 1928)

Le « citoyen Hogan » (Victor McLaglen, patriote irlandais doit rentrer en Irlande, malgré la récompense qui pend au-dessus de sa tête : sa sœur est morte, du fait de la conduite indigne de John D’Arcy (Earle Fox). Mais ce dernier n’en reste pas là : il épouse la belle Connaught O’Brien (June Collyer), qui aime le jeune et fringant Dermot McDermot (Larry Kent), tout ça parce que son père, le juge O’Brien (Hobart Bosworth) préfère un mariage de raison avec ce personnage prestigieux.

Donc D’Arcy épouse Connaught et Hogan revient en Irlande. Les jours de D’Arcy sont donc comptés.

 

Pour son dernier film muet, John Ford retourne en Irlande – moins traditionnelle que dans The shamrock Handicap (1926) – jetant de nouveaux éléments pour ce qui sera son film irlandais le plus abouti : The quiet Man (1952). On y trouve bien sûr l’esprit combatif qui caractérise cette île et ses habitants, mais surtout, on y retrouve un microcosme truculent, qui s’exprime autour du quatuor tête d’affiche : entre le portier qui reconnaît Hogan et les complices de ce dernier, sans oublier la domesticité des O’Brien, nous retrouvons un petit monde, certes moins riche que dans The iron Horse (1924), mais tout aussi intéressant et surtout très pertinent : leurs différentes interventions sont en rapport avec l’intrigue et ne sont pas juste là pour donner un cachet à cette même, intrigue.

 

Et surtout, on y trouve un Victor McLaglen qui se retrouve au plus haut de l’affiche, entamant et concluant le film, s’installant définitivement dans le monde fordien, avant de laisser la première place à celui qui n’est alors qu’un figurant (on le reconnaît surtout pendant la grande course) : John Wayne. Autre élément récurrent du monde fordien, la présence de Jack Pennick (1), autre complice de Hogan.

Bien sûr, il y a à nouveau une course de chevaux, qui voit l’emporter notre favori encore une fois, en attendant John Wayne…

 

Et comme nous sommes chez Ford, la famille a son importance : si le juge n’est pas en capacité d’ouvrir les yeux sur qui est réellement ce D’Arcy qu’il donne à sa fille, la partie concernant le passé d’Hogan est suffisante : la famille est une chose très importante. D’ailleurs, on retrouve dans l’équipe technique l’un des neveux de John Ford, Philip (fils de Francis) comme assistant réalisateur.

Malgré tout, nous sommes dans un Irlande irréelle, seulement marquée par son désordre politique – c’est pour cela qu’Hogan est recherché – et surtout, on y retrouve un thème qui sera magnifiquement décrit quelques années plus tard avec le même McLaglen : la dénonciation.

 

Ici, c’est Hogan qui en est victime, dénoncé par l’abject D’Arcy, ce qui ne l’empêchera pas de voir la course, véritable moment-clé du film : cette course et son issue plus ou moins favorable va conditionner la suite du film et l’attitude des Irlandais envers D’Arcy : non seulement il dénonce Hogan, mais il fait une chose autrement plus inqualifiable qu’on va savoir lui rappeler (2).

On notera en outre que cette fois-ci, c’est le personnage interprété par McLaglen qui est la victime d’un mouchard, lui qui sera l’éternel sycophante du cinéma avec le même John Ford sept ans plus tard.

 

Je terminerai en vantant les mérites d’Earle Fox, formidable méchant dans cette histoire un tantinet patriotique. Son allure et ses attitudes en font un personnage qu’on a plaisir à haïr (3) : sans foi ni loi, sa fin horrible n’est que justice au vu de ce qu’il a pu nous montrer (et faire avant).

Mais la véritable fin du film, celle qui voit McLaglen regarder les amoureux nous laisse un impression mitigée : certes Hogan est heureux que ce jeune couple s’en aille vers un bonheur certain, mais comme la caméra (formidable) de l’incontournable (et talentueux) George Schneiderman s’arrête définitivement sur son visage, c’est une expression dubitative qui conclut ce film, tempérant la « happy end » attendue.

 

  1. C’est déjà son troisième film avec John M. Feeney.
  2. Je vous laisse découvrir laquelle.
  3. Comme quoi, il n’y a pas que Stroheim !
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