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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Victor Sjöström, #Lon Chaney, #Muet, #Drame

D’un côté les bons : Consuelo (Norma Shearer) et Bazeno (John Gilbert). De l’autre les méchants : Le baron Regnard (Marc McDermott) et le comte Mancini (Tully Marshall).

Au milieu : Paul Beaumont (Lon Chaney) – celui qui se fait gifler (d’où le titre original).

Paul Beaumont est un anthropologue de génie. Il vient de mettre au point sa théorie de l’espèce. Mais il est doublé par son mécène, le baron Regnard, qui en plus de lui piquer sa découverte, lui prend dans la foulée sa femme, le laissant ridicule et ridiculisé aux yeux du monde scientifique (giflé en public).

Alors, comme il a fait rire les savants en étant giflé, il trouve sa nouvelle voie : il fera rire en prenant des claques.

Rapidement, il devient la coqueluche du cirque parisien. Les gens se déplacent en masse pour le voir déguster.

Dans ce cirque, il y a aussi le beau Bezano. C’est un cavalier accompli et un redresseur de torts à l’occasion. Mais quand Consuelo, fille du comte Mancini, se propose pour l’accompagner dans son numéro, il ne tergiverse pas. Que ne ferait-on pour les (très) beaux yeux de Norma Shearer ? [Ce qui prouve qu’il arrivait à Irving Thalberg d’avoir du goût…]

Mais les hommes étant ce qu’ils sont, le comte Mancini un aristocrate désargenté, le baron Regnard plein aux as, et Consuelo un cœur à prendre (semble-t-il…), les deux méchants s’arrangent… Mais « Celui qui se fait gifler » veille…

Victor Sjöström, recruté par Mayer suite au succès de ses films suédois, signe ici un film tout en nuance, comme il sait le faire. Il a à sa disposition un trio vedette – même si Norma Shearer n’est encore qu’une actrice de seconde zone. Elle a un potentiel et le montre. Et surtout, elle a de très beaux yeux. Mais si John Gilbert est un jeune premier comme il faut, c’est, bien entendu (encore), Lon Chaney qui porte le film. Pas de déformation, pas de rôle de grand méchant. Non. Un rôle de personnage humilié qui cherche la rédemption : d’une certaine façon, ce personnage annonce Letty dans Le Vent.

Mais Lon Chaney, s’il n’a pas à se déformer ou s’affubler d’un maquillage qui enlaidit, possède ce jeu de regards qui font tout son talent. Il est difficile à un partenaire, aussi talentueux soit-il, de s’imposer devant un tel monstre. C’est pourquoi les deux autres protagonistes qui tirent leur épingle du jeu sont les deux affreux : Regnard, un magnifique salaud sans scrupule, et Mancini, un fourbe vénal. Devant eux, Chaney déroule.

Mais ce qu’on retient surtout de ce film, ce sont les quelques moments d’intimité. Si le cirque ne vit que pour et par le public, les artistes ont besoin de calme et de solitude. Il faut voir Lon Chaney ramasser son cœur en tissus rembourré, au milieu de la piste, son visage restant éclairé dans l’obscurité pour apprécier pleinement ces moments intimistes. Le raccommodage du costume par Consuelo amène aussi un grand moment d’émotion pour le clown… Et puis l’insouciance des amoureux, échafaudant leur bonheur pendant que les deux crapules scellent le destin de la jeune fille, dans un montage parallèle mémorable…

Et puis il y a les surimpressions que n’aurait pas renié Fritz Lang…

Un très beau film, où deux maîtres se rencontrent : Sjöström, le Cinéaste, et Chaney, l’Acteur.

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