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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Clint Eastwood
Le Maître de guerre (Heartbreak Ridge - Clint Eastwood, 1986)

Tom Highway (Clint Eastwood) est un vétéran de l’armée des Etats-Unis. Soldat en Corée et au Vietnam, il ne sait pas ce que c’est que la victoire, celle qu’on célèbre à coups de flonflons et de public heureux. Entre le conflit mitigé de Corée et la défaite du « Nam », le score est plutôt 0-1-1 : 0 victoire, 1 nul et 1 défaite, comme dans les classements sportifs. Parce que la guerre se résume à ça : une rencontre sportive un tantinet plus définitive.

Et comme Tom Highway voit la fin de son engagement s’approcher, il décide de revenir à ses premières amours : l’instruction des jeunes recrues.

On lui confie alors un peloton de bras cassés qu’il va, à force de persévérance et grâce à une discipline de fer, transformer en groupe d’élite, s’illustrant dans une (petite) guerre qui sera (enfin) gagnée : l’Invasion de la Grenade (25 octobre – 2 novembre 1983).

 

Autant le dire tout de suite, Tom Highway n’est pas un homme très délicat. Mais ce n’est pas ce qu’on demande à un sergent instructeur, comme le montrera avec beaucoup de brio Stanley Kubrick l’année suivante  dans Full metal Jacket. Mais si Highway est un homme dur pour ses hommes, il n’atteint tout de même pas le degré de sadisme mâtinée d’humiliation du sergent Hartman : normal, pour R. Lee Ermey, c’était son vrai boulot, Eastwood est avant tout un acteur.

Mais on retrouve tout de même ce même mélange de sadisme et d’allusions sexuelles (un peu trop récurrentes, à mon goût) chez Highway.

Et bien sûr, son peloton deviendra un groupe de choc qui participera avec succès à la prise de l’île de la Grenade. Ce même peloton est aussi le prétexte à quelques éléments comiques surtout du fait de la présence de Mario van Peebles (le fils de Melvin) en rocker raté, mais séducteur en diable comme le confirme la séquence finale.

Ce sont d’ailleurs ces éléments comiques qui diffèrent du film de Kubrick (du point de vue de l’instruction), évitant la surcharge sadique déjà évoquée.

 

Et s’il y a des soldats, il y a aussi des « filles ». On en trouve beaucoup au bar que fréquentent les jeunes recrues. Mais on y trouve aussi des femmes. Elles sont deux : Little Mary (Eileen Heckart) et Agnes-Ann « Aggie » (Marsha Mason). Si la première n’est plus de la première jeunesse – son mari était marine avec Tom en Corée – la seconde est l’ex-épouse de notre héros, séparée parce qu’elle ne supportait plus l’esprit militaire de son mari.

Mais avec le temps, Tom a (un peu) mûri, et un rapprochement est envisageable (1).

 

Et s’il y a des soldats, il y a surtout la guerre.

Elle occupe le dernier quart du film, et Clint Eastwood nous montre qu’il sait y faire, même si on peut contester son point de vue. La guerre, cette horreur, est avant tout meurtrière. Et elle l’est ici tout autant que les autres, dans la proportion de l’enjeu : c’est une petite guerre donc peu de morts comparé à des films comme Le Jour le plus long ou plus près de nous Save Private Ryan. Et c’est le traitement de la mort que je reproche à ce film. La seule attitude humaine que nous pouvons relever chez ces soldats concerne Aponte (Ramón Franco) qui se rend compte réellement de l’effet des armes sur des jeunes soldats qui ne sont pas tellement plus âgés que lui.

Que Highway soit insensible aux morts qui tombent autour de lui, cela n’a rien de bien étonnant, mais qu’on oublie aussi fortement l’aspect mortifère de la guerre pour ne retenir que le côté festif de la victoire demeure tout de même un peu gênant.

 

Et au bout du compte, Highway reste un personnage dans la lignée de ceux interprétés par Eastwood, une sorte de Harry Callahan militaire pour qui la fin justifie les moyens, la mort étant un élément comme un autre car seul le résultat compte : 1-1-1.

 

  1. Là encore, c’est très prévisible.

 

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