Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Michael Mann, #Gangsters
Heat (Michael Man, 1995)

Michael Mann refait un de ses films : L.A. Takedown.
Avec une heure de plus, il en fait un véritable chef-d’œuvre du genre.

Il faut dire qu’il a à sa disposition un duo magistral : Robert de Niro et Al Pacino.

Et en plus, c’est la première fois qu’ils jouent vraiment ensemble dan un même film (1).

Alors bien entendu, les spectateurs n’attendent qu’une chose : une confrontation entre ces deux monstres sacrés.

 

Mais revenons à nos moutons.

Il s’agit donc d’un film de gangsters, genre toujours très prisé des spectateurs (2). D’un côté le bon droit, la justice, bref la Loi, Vincent Hanna (Al Pacino), lieutenant de police total, dévoué corps et âme à son service, ce qui peut amener des désagréments dans sa vie personnelle.

De l’autre son reflet de l’autre côté de la Loi, le truand dans toute sa splendeur, Neil McCauley (Robert de Niro), digne héritier des gangsters d’antan, braqueur de génie.

Ces deux hommes représentent d’une certaine façon une autre époque, un temps révolu où les protagonistes – de chaque côté de la Loi – ont du respect les uns pour les autres, mais où le devoir prime avant tout.

 

On a donc la confrontation indispensable entre ces deux hommes. C’est l’un des plus grands moments du film, puisque pendant les six minutes qu’elle dure, on perçoit ce respect mutuel, mais avec toujours ces mêmes menaces inéluctables : chacun devra faire ce qu’il a à faire, même s’il faut en passer par l’élimination physique de l’autre.

Cette rencontre est avant tout un point de rupture dans l’intrigue.

En effet, à partir de cette rencontre, les positions deviennent immuables et la fin est annoncée : il n’en restera qu’un. Et d’habitude, force reste toujours à la Loi…

 

Si les acteurs choisis pour interpréter ce duo sont extra-ordinaires, leurs personnages eux, sont très communs. Entre Hanna qui en est à son troisième mariage, qui lui aussi bat de l’aile et MacCauley, célibataire qui réside au bord de la mer dans une immense maison vide, on a deux hommes qui finalement se ressemblent, chacun dans sa spécialité. Ce sont avant tout deux hommes qui ne vivent que pour leur métier. SI l’amour les frappe, ils n’iront jamais jusqu’au bout de leurs sentiments : à chaque fois leur devoir s’imposera à eux. Il n’est même pas question de choisir entre ces deux options (amour ou métier), car de toute façon, c’est leur métier qui les définit. Même si cela laisse un vide dans leur vie.

 

La situation de McCauley est la plus parlante. Sa maison en bord de mer se résume à un grand séjour avec cuisine (à l’américaine, évidemment…) sans aucun meuble. On se demande d’ailleurs à quoi lui sert cette maison, puisque la seule nuit « normale » qu’on lui connaît se passe chez Eady (Amy Brenneman) une jeune femme dont il s’éprend.

Et cette solitude (malgré la jeune femme) est criante quand on le voit avec ses amis-complices qui eux, ne vivent pas seuls, ou même ont des enfants. Pour McCauley, comme pour Hanna d’ailleurs, il n’y a pas de place pour des enfants : leur vocation (il y a une part mystique dans leur relation à leur métier) est absolue et ne laisse de place à personne d’autres.

 

Ou plutôt si, il n’y a de place que pour son opposant.

Chacun des deux est une face d’une même pièce qu’on lance et qui tombera obligatoirement sur une des deux, sauvant l’un mais, évidemment, condamnant (définitivement) l’autre.

La scène finale prend alors une autre dimension, amenant les deux protagonistes à vivre l’un sans l’autre.

 

Autrement ?

 

  1. S’ils apparaissent tous les deux dans Le Parrain 2, il y a plus de 40 ans qui les séparent, d’où aucune confrontation possible.
  2. Normal, la très grande majorité, si elle est attirée par l’interdit, ne rejoindra jamais le côté obscur….
Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog