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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Ferdinand Zecca, #Drame

[Un grand merci au professeur célèbre Allen John]

A l’origine, c’est une commande. Mais d’autres ont fait de magnifiques films qui n’étaient que des commandes (Elephant Man, Fisher King…). Mais cette commande est avant tout une suite d’effets cinématographiques.

Ferdinand Zecca, pionnier du cinéma, nous montre l’histoire d’un homme, de son enfance à sa décapitation.

En effet, c’est un criminel.

On commence tout de suite par le crime : crapuleux, sordide.

Puis cet homme est arrêté, confondu

Première technique :

L’ellipse.

Il se retrouve en cellule. Pas de procès. Nul besoin : on a compris. De toute façon, vu le métrage de pellicule alloué, il fallait aller à l’essentiel.

Deuxième technique :

Le flashback.

Alors qu’il se morfond dans sa cellule, sur un des murs, se déroule sa vie. On pense au dernier jour d’un condamné de Victor Hugo. Et on le voit. Enfant tout d’abord. Puis adolescent. Adulte enfin, dans un café où vient boire un receveur du trésor. Ce même receveur qu’il a assassiné au début du film.

Puis vient l’exécution. Des messieurs viennent le chercher, le préparer et le conduire à l’échafaud.

Troisième technique :

Champ.

On ouvre une porte à double battant et on aperçoit la guillotine qui attend notre homme. L’homme a un mouvement de peur et de recul.

Contrechamp.

Nous sommes près de la guillotine précédemment vue. L’homme est allongé sur la planche. Le couperet tombe. Le corps est basculé dans le panier d’osier. Fin.

Pas de commentaire. Pas de discours. Ni condamnation du geste, ni de la sentence.

C’est une fiction documentaire. Comme le dit mon ami Allen John (allez voir son blog, si, si !), la peine de mort vient d’entrer dans le cinéma. Elle n’en sortira pas.

Mais ici, comme dans La Ligne verte, elle n’est pas remise en cause. Elle est une suite logique de ce qui s’est passé auparavant.

Au-delà des images, il est intéressant de voir un même sujet 72 ans avant Deux Hommes dans la ville. La condamnation du crime d’état en moins. Mais en 1901, il n’est certainement pas question de remettre en cause la peine capitale. Il faudra attendre encore 80 ans.

Et tout ça en 5 minutes et 22 secondes.

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