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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Isao Takahata
Le Tombeau des lucioles (Hotaru no haka - Isao Takahata

Japon, 1945.

Seita (voix de Tsutomu Tatsumi) est mort la nuit du 21 septembre, un mois et demi après la reddition sans condition de son pays.

Car la guerre est le véritable théâtre de l’histoire que nous propose Iseo Takahata.

C’est l’errance de deux enfants – Seita et sa petite sœur Setsuko (voix d’Ayano Shiraishi, 5 ans au moment du film) pendant les derniers mois de la guerre. Régulièrement, les attaques de bombardiers rythment la vie des gens et de ces enfants en particulier.

Le premier bombardement auquel on assiste est celui qui brûle leur maison, et leur enlève leur mère, victime de graves brûlures.

Ils sont seuls, à part une famille éloignée qui va les prendre en charge un temps.

 

J’ai toujours eu beaucoup de mal avec les films d’animation japonais, essentiellement à cause du format d’images par seconde utilisé. En effet, le nombre peu important d'images ne rend pas la fluidité naturelle des corps et objets en mouvement.

Mais une fois cet inconvénient écarté*, j’ai assisté à une très belle histoire, malheureuse où tout le monde meurt à la fin. Ou au début, ça dépend de la narration.

En effet Seita, le narrateur, est mort et s’en va avec sa sœur vers un monde meilleur (semble-t-il), et il se souvient des événements pendant qu’un train les emmène.

 

On va alors revivre leur aventure tragique, qui les amènera dans des situations toujours plus basses, jusqu’à une fin irrémédiable et annoncée.

Quant aux lucioles du titre, elles sont un élément important de l’intrigue ainsi qu’un élément symbolique dans cette triste histoire. Elles sont le pendant des bombes qui tombent sur la population. Ces bombes aux extrémités enflammées tombent du ciel alors qu’à chaque fois que les lucioles s’envolent, c’est vers ce même ciel, faisant le chemin inverse des engins de mort.

 

D’une certaine façon, les lucioles sont le symbole de la vie, mais d’une vie qui vient de se terminer. Les bombes en tombant tuent inlassablement, libérant les âmes des morts qui s’élèvent alors. Ce que j’écris peut sembler « bateau » mais l’analogie me paraît évidente.

Quant au tombeau de ces mêmes lucioles, il s’agit d’un trou que la petite Setsuko creuse après une nuit illuminée par ces insectes sous leur moustiquaire et qui sont morts le lendemain.

 

Avec les lucioles, c’est donc la guerre qui est présente et qui détermine les conduites et rôles de chacun. Le père des enfants est absent, quelque part sur un croiseur, au large, il est militaire. D’une certaine façon, la famille n’est pas le salut pour ces enfants, alors qu’un paysan conseille à Seita de retourner chez cette pseudo-tante qui ne sait que leur rappeler leur inutilité buccale, sous le prétexte de servir le pays.

Mais ce nationalisme est aussi partagé par Seita qui voit en l’Empereur le guide vers la victoire et des lendemains qui chantent.

Nous savons tous ce qu’il en fut, et la prise de conscience de la situation réelle – la reddition – est une terrible nouvelle pour Seita, le précipitant vers son destin funeste, alors que la situation avait l’air de s’améliorer.


Une fois la vitesse des images mise de côté*, on peut tout de même admirer de très beaux plans (immobiles, certes) qui tendent imperceptiblement vers le réalisme. C’est à chaque panorama qui défile une espèce d’état des lieux du pays qui nous est proposé.

Quant au dernier plan qui rassemble les deux enfants, il est bouleversant.

 

Iseo Takahata nous propose un très beau film tout en subtilité, et nous dohnne à nous Européens un point de vue qui nous est parfaitement étranger : celui des victimes japonaises de la guerre, de ces civils qui seront toujours les perdants dans un conflit, quel qu’en soit l’issue.

 

 

* De toute façon, je ne peux pas faire autrement…

 

 

 

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