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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Frank Oz
In and out (Frank Oz, 1997)

Bienvenue à Greenleaf, une immense grande petite ville d’Indiana. Outre une communauté soudée, on y trouve un professeur de littérature anglaise hors du commun. D’ailleurs, le jeune acteur prodige Cameron Drake (Matt Dillon), qui vient d’être récompensé de l’Oscar suprême le lui a dédié : il fut l’inspiration de son personnage à l’écran, un soldat émérite mais qui avait le défaut (pour l’armée des Etats-Unis) d’être homosexuel.

C’est la consternation à Greenleaf : ce professeur, Howard Brackett (Kevin Kline), serait homosexuel! Pourtant, il doit se marier très prochainement avec Emily Montgomery (Joan Cusack) après trois années de « fiançailles »…

 

Bien sûr, c’est le discours de Tom Hanks lors de sa récompense pour son rôle dans Philadelphia qui est la base de l’intrigue, mais Frank « Yoda » Oz transforme cette situation en comédie un tantinet grinçante, où l’homophobie en prend pour son grade, sans toutefois ouvrir de polémique (1).

Et la réussite de cette comédie, c’est aussi de jouer sur les stéréotypes habituels concernant l’apparence ou certains penchants – puisque Howard nie catégoriquement être homosexuel – les tournant en ridicule : il n’y a que la dérision qui peut lutter efficacement contre les préjugés (2).

 

Outre cette situation, le jeu des différents interprètes est aussi un gage de réussite. Kevin Kline est magistral, lui qui fut cet incroyable amant de Jamie Lee Curtis dans A Fish called Wanda (3), d’une virilité décomplexée. Kline confirme, s’il en était besoin, l’étendue de son talent. Autre personnage qu’on n’attendait pas dans ce registre : Tom « Magnum » Selleck (Peter Malloy, le journaliste), qui a rasé sa mythique moustache pour l’occasion. Outre être un journaliste sensationnaliste, il est le deuxième élément déclencheur de l’intrigue, amenant le rebondissement (presque) inattendu qui va la relancer vers une résolution certes convenue, mais tout de même très réjouissante.

 

Bref, on s’amuse, on rit même beaucoup (enfin moi, en tout cas), mais on se dit que ce n’est tout de même pas gagné pour la communauté homosexuelle un peu partout dans le monde. Si Howard, « dénoncé » comme homosexuel, est accepté par sa famille, la position du directeur de son école (Bob Newhart) est malheureusement très répandue dans le monde et par conséquent aux Etats-Unis d’où vient le film, même près de vingt-cinq ans après sa sortie. Là encore l’actualité nous le rappelle régulièrement : de la Hongrie d’Orban à la Russie de Poutine (4), les homosexuels ne sont pas à la fête.

 

  1. Sauf toujours chez ceux qui en sont atteints : malheureusement, l’homophobie ne se soigne pas…
  2. Il suffit de voir les atteintes à la vie qui font régulièrement l’actualité : comiques et dessinateurs de presse sont toujours des cibles privilégiées chez les enragés de tous poils.
  3. C’est d’ailleurs la statuette qu’il remporta avec ce film qui est utilisée ici.
  4. La liste est longue qui comprend ces deux noms.

 

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