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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Andrew Niccol
Time out (In Time - Andrew Niccol, 2010)

« Le temps, c'est de l'argent. » (Benjamin Franklin, 1748)

Ici l'argent, c'est le temps. On travaille pour vivre, mais plus longtemps. Tout coûte du temps : téléphoner : une minute de votre compteur (à rebours) personnel ; un café, ce sera quatre minutes, etc. Bref, on ne prend pas le temps de vivre, on prend le temps pour vivre.

Vingt cinq ans puis une année plus ou moins renouvelable, ça dépend de votre activité...

Et quand l'année est achevée, quand tous les zéro sont apparus, vous êtes morts.

Voici le monde dystopique dans lequel vit Will Salas (Justin Timberlake). Dystopique ? Une utopie qui tourne obligatoirement mal. Il est pauvre, vit dans un ghetto de pauvres isolé du monde des riches par des barrières dont le franchissement coûte plus d'une année...

Et puis un soir, il tombe sur la chance de sa vie. Un homme qui en marre de la vie (il a déjà 105 ans) lui lègue plus d'un siècle.

Mais est-ce vraiment la chance de sa vie ?

 

Ce n'est pas la première fois qu'Andrew Niccol nous propose un tel monde : rappelez-vous Bienvenue à Gattaca. Mais cette fois-ci, ceux qui ne sont pas fortunés meurent. Car c'est un monde duel où les pauvres passent leur temps à acheter le temps que les riches leur vendent à des tarifs de plus en plus prohibitifs.

Mais toujours,  dans ces mondes, ce ne sont pas les riches qui vivent le plus. En effet, quand vous avez l'éternité devant vous, pas besoin de se presser pour décider de faire quelque chose.

Alors que quand vous vivez au jour le jour, chaque instant est important.

Nous ne sommes pas loin du « carpe diem » de Horace : chaque instant de plus de survie des habitants du ghetto est une richesse incroyable. Alors quand Will reçoit plus d'un siècle, il n'en revient pas. Il ne peut s'empêcher de courir, comme il l'a toujours fait.

Mais un riche qui se suicide dans un quartier pauvre, c'est louche. Heureusement, les gardiens du temps sont là, avec à leur tête Raymond Leon (Cillian Murphy). Leon est une victime du devoir. Il n'est pas spécialement méchant. C'est une espèce de Javert moderne, pour qui les choses doivent rester en l'état. Quelqu'un du ghetto ne doit pas en sortir, tout doit rester à l'identique. Et se retrouver en face de Will Salas, c'est revivre ce qui s'est passé avec le père de celui-ci. Alors comme pour Javert, on ne peut pas ressentir une haine totale envers cet individu : il ne fait que son boulot.

Parce que les véritables méchants, les salauds, ce sont les riches : plus ils ont de temps et plus ils en gagnent. Alors on ne peut pas compter sur eux pour faire évoluer les choses.

Comme dans Gattaca, nous avons un personnage qui veut - et va - sortir de son milieu. Et encore une fois, il prendra appui sur quelqu'un déjà dans le système. Ici, c'est Sylvia Weis (Amanda Seyfried), fille d'un magnat du temps, qui conserve dans un coffre son « premier million [d'années] ».

La comparaison temps (dans le film) = argent (dans notre monde) est évidente, mais si une promesse d'amélioration se dégage du film, je n'en vois pas autant dans notre monde, où l'argent a pris une place extrêmement importante.

Quoi qu'il en soit, Andrew Niccol nous dépeint un monde jeune très déconcertant où trois générations peuvent se côtoyer - chez les riches, bien sûr - sans qu'on puisse dire qui est qui dans la lignée.

De plus, à chaque fois que notre héros semble à peu près en sûreté, un cadavre possédant la longue ligne de zéro est là pour lui rappeler la brièveté de son existence, et qu'il doit toujours continuer à courir.
Un peu comme l'esclave à Rome, pendant un triomphe, qui tenait les lauriers au-dessus de la tête du vainqueur mais lui répétait sans cesse : 

« Souviens-toi que tu es mortel... Souviens-toi que tu es mortel... »

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A
beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte et un enchantement.
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