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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Oliver Stone, #Kevin Costner
JFK (Oliver Stone, 1991)

Près de trente ans après les faits, Oliver Stone reprend à son compte l’enquête sur la mort de John F. Kennedy (d’où le titre), à travers la reconstitution de l’enquête menée par Jim Garrison (1), qui déboucha sur le procès de l’un des éventuels participant à un complot, Clay Shaw (Tommy Lee Jones).

Nous allons alors revivre cette journée du 22 novembre 1963, l’une des plus noires qu’ait connu les Etats-Unis.

 

Dès le début, Oliver Stone nous replonge dans cette journée fatale, vue à travers les différentes vidéos qui furent tournées , avec des plans de coupe reconstituées, : ces micro-événements qui seront utilisés par Garrison et son équipe pour mettre en lumière le côté complot de l’intrigue (2).

Nous revoyons ces images cent fois montrées qui voient l’accueil enthousiaste des gens de Dallas à ce président différent, jusqu’au premier coup de feu qui éclatera dans le noir, cet instant marquant le début de ce que Garrison va appeler et tenter de démontrer : un complot.

 

Impressionnant.

C’est le mot qui nous vient quand se termine le film, une fois les dernières précisions énoncées à propos des rares avancées dans l’enquête. Quant à la véracité de ce que nous montre Stone, il est difficile de se faire une idée, étant avant tout ici dans un cadre cinématographique.

Mais le montage est essentiel tout au long de ce film, mêlant avec habileté images d’archives et reconstitution narrative de cette journée décidément particulière, puisqu’elle a été déclarée « jour du souvenir du président John F. Kennedy » par le président Obama en 2013.

 

Parallèlement à cette reconstitution des événements, on assiste à celle de l’enquête de Garrison, tiraillé entre la quête de vérité et sa propre vie : marié et père de cinq enfants, il déserte peu à peu sa famille pour se lancer à corps perdu dans l’enquête de sa vie, dont il écrira le livre sur lequel se base Stone trois ans avant la sortie du film, avec le point d’orgue constitué par le procès de Shaw et la magnifique plaidoirie qui n’empêchera pas malgré tout l’acquittement de ce dernier, malgré les zones d’ombre soulevées par son enquête.

 

Et Stone n’a pas lésiné sur les moyens : plus de trois heures de film avec une distribution très riche – par le cachet mais surtout par le talent, parmi laquelle on peut trouver le duo de Billy Wilder Jack Lemmon – Walter Matthau, Donald Sutherland ou encore Sissy Spacek dans le rôle de l’épouse de Garrison, de plus en plus accablée par les proportions de l’enquête qui la prive de plus en plus de son mari.

Le casting est à mon avis l’un des éléments les plus importants de cette reconstitution : la présence de pointures du cinéma américain permet au spectateur de tenir bon et surtout de conserver intacte son attention, témoin cette longue séquence mettant en scène Garrison/Costner et Mr. X, interprété par le génial Donald Sutherland. Il s’agit très certainement de la partie la plus indigeste de l’enquête puisque nous recevons une grande masse d’informations, mais le ton pris par cet acteur, soutenu par les images réelles et/ou reconstituées nous permet de ne pas nous noyer dans les ramifications de ce qui ressemble à un « coup d’état », terme repris tel quel à différents moments du film par Garrison, surtout dans sa plaidoirie finale.

 

Cette plaidoirie, arrivant au terme du procès est magnifique, Costner étant éblouissant dans ce morceau de bravoure qui le voit disserter pendant de longues minutes et démontrant de manière plutôt convaincante les différentes responsabilités au plus haut niveau de l’enquête.

Cette plaidoirie s’inscrit dans la partie judiciaire qui se démarque un peu des films traitant habituellement de ce sujet : alors que Garrison nous livre ce qui fut peut-être la plaidoirie de sa vie, le verdict va totalement à l’encontre de l’issue recherchée, e cinéma ne pouvant pas toujours aller à l’encontre de la vérité historique. Vérité factuelle ne remettant aucunement en cause les conclusions de son enquête.

 

Encore une fois, Oliver Stone s’insurge, livrant ainsi un nouveau film militant, mais cette fois-ci, l’impact ne sera pas seulement ressenti par le public puisque le Congrès américain votera une loi en 1992 sur la divulgation des assassinats.

Mais plus de 25 ans après la sortie du film, le mystère reste entier et ce malgré toutes les théories et autres enquêtes menées.

 

Qu’importe, nous avons passé un bon moment nous replongeant dans cette période trouble où mourut un espoir, symbolisé par ce président atypique, et ce alors que le monde fut au plus près d’une guerre nucléaire…

 

 

  1. C’est Kevin Costner qui l’interprète bien qu’il apparaisse lui-même – ironiquement - dans le rôle du juge Warren qui présida à la commission devant faire la lumière sur l’assassinat, dont les conclusions seront battues en brèche par Garrison quelques années plus tard.
  2. Terme absolument pas usurpé pour cette affaire.
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